Ma vie de maman

Le baby blues

Comment parler d’un sujet « tabou » quand on a galéré à avoir un bébé? Et pourtant, qu’on ait ou pas des difficultés pour avoir un enfant dans les bras, quand le baby blues te tombe sur le coin de la figure, tu as beau avoir été prévenu, ça pique.

Je ne m’y attendais pas. Lors des cours d’accouchement, la sage-femme l’avait pourtant évoqué ce fameux « baby blues ». Je pensais naïvement passer à travers. J’avais tellement attendu pour que l’Étincelle soit dans notre vie que pas un seul instant je pouvais imaginer ressentir un sentiment  bonheur et de mal-être.Tout ça en même temps. Et pourtant…

Quand on m’a posé l’Etincelle sur moi, je n’ai pas ressenti cette vague d’amour que certaines peuvent ressentir. J’étais très heureuse d’avoir enfin expulser  le bébé de mon corps en souffrance depuis 36h de travail et je n’ai pas eu mon cœur débordant d’amour quand on me l’a mis dans les bras. J’étais soulagée d’être en vie – j’ai quand même cru mourir 20 fois  – et que l’enfant aille bien.  Mr Souris a versé des larmes. Pas moi. Est-ce que c’est grave ? Non. Est-ce que ça fait de moi une mauvaise personne? Non plus. Arrêtons de culpabiliser. Ce bébé restait un inconnu pour moi, même si j’ai pu cohabiter avec lui pendant 9 mois (et 2 jours!). Ma vie a pris un virage à 360 °. Et j’ai eu peur. A partir de cet instant, je savais que nos vies allaient changer. Que rien ne serait plus jamais comme avant.

Les pleurs étaient incessants. Je me suis sentie lasse, épuisée. Les doutes de l’arrivée du bébé sont apparus. J’ai eu envie à la maternité de prendre mes affaires et de le laisser là. De partir. Partir loin. Parce que je comprenais pas pourquoi il pleurait après avoir passé toutes les options possibles ( couches / tétées / bercement…).

L’appeler par son prénom ? Lui parler ? Impossible. Ce bébé restait un inconnu. J’arrivais pas à l’apprivoiser. Mais, sentiment ambivalent, j’étais complétement amoureuse de lui. L’Etincelle était juste magnifique. Un bébé non fripé, des yeux grands ouverts…Un bébé parfait à mes yeux. J’arrivais juste à lui dire « merci ». Merci d’être là.

Se déshabiller, faire face à ce nouveau corps, meurtri par la grossesse et l’accouchement était compliqué. Impossible de me laver seule. Les fils de l’épisio me faisait mal. L’hématome et les hémorroïdes aussi. J’avais le ventre d’une femme enceinte de 4 mois de grossesse : flasque, vide. C’était de sa faute. Il était responsable de mes douleurs. Physiques et psychiques. Je lui en ai voulu.

La solitude a pris place. Je me suis vite rendue compte qu’on a pas grand monde dans notre entourage comme ami(e)s sincères pour nous soutenir et nous épauler. On a avancé avec l’aide de notre famille quelques semaines après. On a fait un grand tri dans nos contacts. Un mal pour un bien il parait.

Un jour à l’appartement j’ai eu envie de faire ma valise et de partir. Partir loin. Encore une fois. Parce que l’Etincelle était inconsolable. Il pleurait ? Je pleurais. Impossible répondre à son besoin à l’instant T. J’ai eu peur d’être une mauvaise mère. Mais est-ce qu’il y a des mères parfaites après tout ? Alors je me suis forcée à sortir. A voir des gens. Retrouver une vie sociale. C’était dur au début. Remettre des vêtements qui laissaient apparaître ce corps flasque, la tête cernée par un manque de sommeil accrue…

J’ai voulu quitter Mr Souris. Je lui ai balancé des horreurs en pleine figure. 16 ans d’amour, un bébé qui apparait et on a viré dans un tsunami. On ne se comprenait plus. J’étais rincée de mes journées répétitives. Je ne pouvais pas quitter le canapé car l’Etincelle avait un besoin de succion et de contact +++.  Lui rentrait crevé après une nuit pourrie et des journées de boulot éreintantes. C’était un peu qui avait le plus de fatigue et était légitime de se plaindre. Puis de toute façon, dans mon esprit,  j’avais plus vraiment besoin de lui. J’avais mon bébé. C’est dans ces moments là qu’on s’aperçoit que l’arrivée d’un bébé change aussi sa vie de couple. Si ça va pas avant l’arrivée de l’enfant, bah….ça va pas aller en s’arrangeant…

D’un instant à l’autre, regarder L’Etincelle me faisait passer du rire aux larmes. J’étais reconnaissante d’avoir cet enfant avec nous – pour au moins les 18 prochaines années – mais il faut bien l’avouer, notre vie était différente. Adieu les restau chaque vendredi soir. Adieu les grasses matinées le weekend et la sieste du dimanche après-midi. Adieu le silence…Adieu notre vie d’avant. Adieu la liberté (l’allaitement n’aidant pas sur le coup ne le cachons pas!).

Je savais que notre rythme de vie allait changer. Mais quand tu le vis, c’est complétement différent.

 

 

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Ma vie de maman

Chère maman…

« Chère Maman,

Tu peux te réveiller une minute ? Je sais que c’est dur pour toi d’ouvrir les yeux – on n’a pas encore beaucoup dormi ce soir. Mais maman, j’ai besoin de toi en ce moment. Tu vois, le truc c’est que je me sens un peu seul en ce moment. Je suis allongé dans mon berceau et j’ai un peu froid.

Je ne voulais pas pleurer, alors je suis désolé. J’ai essayé d’attirer ton attention en faisant des bruits depuis un moment maintenant mais tu étais dans un sommeil si profond, tu ne pouvais pas m’entendre. Je ne sais pas comment attirer ton attention. Pendant la journée, je vois et vous entends tous faire des bruits et je vois que vous répondez bien l’un à l’autre. Tu me parles comme ça aussi. Et j’essaie très fort, mais je ne sais pas encore comment faire ça. Alors je pleure pour que tu m’écoutes.

Maman, je suis désolé d’avoir pleuré. Comme je l’ai dit, je me sens un peu seul. Je viens de passer neuf mois dans ton ventre où je me suis toujours senti en sécurité. C’est un peu effrayant pour moi d’être dans un si grand lit tout seul. Ton pouls me manque, la précipitation de ton sang, la chaleur et la nourriture. Ta respiration me manque et tes mains que tu m’as mises pour me protéger quand j’étais toujours dans ton ventre.

Maman, tu veux bien m’écouter ? Je t’appelle de la seule façon que je peux. Je me sens vraiment seul. J’ai besoin de ta chaleur et de ta paix un instant. J’ai besoin d’être sûre que tu es encore là. Est-ce que je peux venir avec toi un petit moment pour sentir ta chaleur ?

Des câlins d’abord. Maman, ça fait du bien. Quand je sens que tu me tiens pendant que tu me berces doucement et quand je peux te sentir, je me sens tellement en sécurité. Je peux sentir ta main sur mon dos et mon oreille est placée juste sur ton cœur. Maman, c’est à la maison pour moi. Tu te souviens quand on était toujours ensemble ? Je me suis toujours senti comme ça à l’époque. Parfois, ça me manque. C’était si agréable d’être près de toi.

J’entends que tu me murmures doucement dans l’oreille « tout va bien petit, tout va bien ». Ta voix est si douce et familière. Tu sens bonne maman. Un peu comme moi et un peu comme toi.

Maman, veux-tu me tenir un peu plus longtemps ? Je suis vraiment fatigué et je me sens si détendu dans tes bras. C’est presque comme avant. Je vais fermer les yeux pendant un moment, d’accord ? Est-ce que je peux rester avec toi un peu plus longtemps pour profiter de ton amour et de ta présence ?

Et puis-je en boire plus ? Maman, vu qu’on est comme ça, j’aimerais te demander quelque chose. Je sais, ça a l’air plutôt triste parce que je ne peux pas parler , donc je suis désolé de pleurer à nouveau. Mais maman, est-ce que je peux boire un peu plus ? Ma gorge est sèche et mon ventre est vide et vu qu’on est là de toute façon… Peut-être que je peux avoir quelques gorgées ? Ton lait est délicieux et il est si chaleureux et familier.

Merci maman, c’est exactement ce dont j’avais besoin. J’avais vraiment soif. Ton doigt sur ma joue me fait du bien. Et tu me souris. Rien ne me rend plus heureux que de voir ton sourire et de sentir ta présence. Je vais fermer les yeux, d’accord ? S’il te plaît, ne m’éloigne pas tout de suite, j’aime vraiment m’endormir ici. Ça fait du bien. Est-ce que je peux rester avec toi encore une heure ?

J’ai mal au ventre. Qu’est-ce que c’est?! Maman! Est-ce que tu sens ça? Maman? J’ai mal au ventre. Que se passe-t-il? S’il te plaît, aide-moi, maman, je ne sais pas ce qui se passe. Je n’ai jamais ressenti ça.

Merci d’avoir frotté mon ventre. Il est tard et tout le monde dort. Je suis si content que tu sois là pour moi. Je ne sais pas ce que je ferais sans toi, maman. Mon ventre me fait déjà moins mal et quand tu me tiens comme ça… Je me sens assez fatigué. Peut-être que je vais fermer les yeux à nouveau. S’il te plaît, tiens-moi un peu plus longtemps.

Est-ce que je peux avoir plus de câlins? S’il te plait maman! J’ai un peu peur. Je me suis réveillé et je ne savais pas où j’étais pendant une seconde. Il faisait tout noir et un peu froid à nouveau. Je sais que tu es fatiguée, maman. Mais tu m’as vraiment manqué, est-ce que je peux être avec toi encore un moment ?

Maman, je vois que tu es fatiguée. Il y a des larmes dans tes yeux et de temps en temps une larme roule sur ta joue. Je suis désolé maman, mais je me sens vraiment bizarre dans ce nouveau monde. La maison me manque. Ça me manque toujours d’être près de toi.

Parfois, je sens une larme tomber sur ma tête pendant que tu me berces doucement. Tu me chantes une chanson pour que je puisse me coucher. Tu sèches doucement les larmes qui sont tombées sur ma tête avec ta main. Ça fait du bien maman, tu refais ça ?

Je m’endort sur ta poitrine. Tu sens si douce, si familière. Il n’y a nulle part où je dors mieux qu’ici. Mes jambes sont pliées comme elles étaient quand je vivais encore avec toi. J’entends encore ton battement de cœur et je me déplace avec ta respiration.

J’apprendrai bientôt. Maman, tu es le meilleur endroit où être. Je suis si content d’être venue te voir encore et encore. Je n’aime pas être incapable de demander non plus mais je suis vraiment content que tu m’écoutes quand je t’appelle.

Bientôt, je pourrai être là pour toi. Ou pour mes frères ou sœurs. Ou pour mes amis à l’école. Tu m’apprends à m’occuper de quelqu’un. Tu m’apprends que tu écoutes, même quand je ne peux pas demander. Tu m’apprends que je suis en sécurité, même quand parfois j’ai l’impression que je ne le suis pas. Tu m’apprends que tu m’aimes, même quand tu es très fatiguée. Je te remercie.

Et maman, je t’aime. »

 

Ma première fête des mères…Celle que j’ai longtemps désiré, jalousé, boycotté…

Je tiens désormais une merveille dans mes bras.

Je l’aime si fort…

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L’allaitement : à boire et à manger #3

Quartier chic de Paris. Mr Souris, l’étincelle et moi nous rendons au rendez-vous de L’ORL.

Le bébé, qui dormait paisiblement dans sa chancelière se réveille. Il a faim. La secrétaire, sachant que j allaite – car je viens au rendez-vous pour un frein de langue – m’indique qu’il y a des petites pièces pour les mamans qui souhaitent allaiter en toute intimité. La première fois que je vois ça. Je trouve l idée hyper cool, même si montrer mes nichons en public ne me gêne pas. J’accepte donc.

30 mins de retard et un défilé de bébé, le médecin vient nous chercher. Je lui explique la situation depuis le début de l’allaitement : pas d’accompagnement à la maternité – crevasses, prise de poids minimal (d’après la PMI), Bouts de sein, la conseillère en lactation (…). Il invite un des parents à tenir le bébé pendant l acte médical. Prise de maux de ventre, Mr Souris s’en charge. Le médecin m’invite cependant à prendre le fauteuil de son bureau, juste à côté de là où est assis Mr Souris pour que l’étincelle puisse sentir ma présence. J’ai, du coup, une vue plongeante sur ce qui va se passer… mon coeur fait des palpitations.

Le médecin prend un liquide, le met dans la bouche du bébé. Il prend ensuite un (énorme) ciseau. À partir de ce moment là on m’a perdu. J’ai pivoté de sorte à ce que je n’ai plus que la porte d’entrée de son cabinet en visualisation. Il n’y a que les chouinements de ma petite Étincelle qui m’ont brisé le coeur et fait fondre en larme. Chouinements qui auront duré 2 secondes. Il aura été plus dérangé par le fait qu’on l’ait réveillé que par le fait d’avoir eu une incision dans la bouche. Le médecin en me voyant pleurer me donne un bonbon et me rassure sur le fait qu’en général, ce sont toujours les mamans qui pleurent à la place des enfants.

Nous sommes invités à retourner dans une pièce pour allaiter et voir si la prise en bouche du sein est différente. A vrai dire, aucune idée. J’ai essayé de lui donner le sein sans les BDS mais il n’en veut pas. Le médecin me dit que c’est normal, le sevrage se fera en douceur.

3 semaines plus tard, je peux vous dire que même si l’étincelle a toujours les BDS à chaque tétées ( j’essaie de les enlever mais c’est peine perdue pour le moment), je n’ai plus aucune douleur. Et il téte comme un chef.

Ma vie de maman

L’allaitement : à boire et à manger (…) #2

Arrivée à la pharmacie, je suis en larmes. Impossible de me calmer. Impossible de relativiser. Pour moi, donner du lait artificiel est une catastrophe. La pharmacienne voit que je suis au bout de ma vie. On essaie de chercher ensemble des solutions. Mais je suis absolument paumée. Je culpabilise et achete donc le lait en poudre recommandé par la nana de la PMI.

De retour à l’appartement, c est l’heure de la tétée. Qu’on remplace donc par un biberon avec du lait en poudre . Mr Souris se charge de le préparer et de lui donner. Un crève coeur pour moi. L’impression qu’on m’arrache mon enfant. Notre fusion. Mais j’entends Mr Souris qui s’enerve et râle. L’étincelle n’en veut pas et réclame mes seins. Joie dans mes yeux! Je chercherai même pas à compléter avec la poudre à la fin.

Pendant qu’il est aux seins, j’appelle une conseillère en lactation, recommandée par Psychota. Le rendez-vous est fixé deux jours plus tard, un dimanche après-midi.

Ce fameux dimanche apres-midi, la conseillère en lactation arrive. Elle regarde comment est positionné l’étincelle puis se met à observer le mode de succion. La position employée est correcte. Elle remarque cependant – ce que le personnel soignant aurait dû checker à l’hôpital – que l’Etincelle a un frein de langue.

Elle m’invitera donc à me diriger vers un ORL recommandé par ses soins pour lui couper ledit frein de langue.

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L’allaitement : à boire et à manger (…) #1

Allaiter n’a pas toujours été une évidence pour moi.

Pendant la grossesse, je suis allée à la médiathèque pour me renseigner un maximum sur le sujet et j ai bouquiné l’ art de l allaitement prêté par notre copine blogueuse 1 couple sur 6. Mais entre ce qu’on lit et la réalité… alors je suis partie dans l’optique de « je vais donner la première tétée puis après on verra. Si j’aime l’effet de succion je continue. Si je n’aime pas, l’option du biberon sera mon plan B ».

Quand la sage-femme m’a posé l’étincelle sur la poitrine, il a su trouver de lui même mon sein. J’ai ressenti une immense joie de pouvoir le nourrir avec mon colostrum. Je ne sais expliquer encore aujourd’hui la sensation que j’ai éprouvé mais ça a été une evidence. Quand on est venu me demander si je voulais allaiter, jai dis oui. Un grand oui, avec le sourire.

L’étincelle est donc restée collée à ma poitrine, jusqu’au retour en chambre.

Mais j’ai eu beau m être renseignée sur le sujet, l’allaitement n’est pas inné. Il ne suffit pas de mettre un bébé au sein et de le faire « manger ». Non, ça va beaucoup plus loin. Et moi, j étais dans mon monde des bisounours.

On m’avait toujours dit que l’allaitement était « à la demande ». Alors quand le bébé pleurait, mon réflexe était de le mettre au sein. Le droit…puis le gauche. Puis de toute façon, pour faire venir la montée de lait, il faut faire beaucoup de peau à peau… alors même s’il ne tétait pas, il était posé sur moi. Mais quand il tétait, j’avais le droit à la fin à des crevasses. Le premier jour, j’ai serré les dents. Je me suis dis que je ne connaissais pas la sensation sur ma poitrine. Qu’il fallait que mes seins s’habituent. Que ça allait passer. Mais la sensation n’est pas passée. J’avais peur de sa bouche contre mes seins tellement ça faisait mal. Tellement j’avais mal. Mais je continuais de serrer les dents. Et de prendre sur moi.

Le lendemain, la douleur a fait fusion avec le sang. L’étincelle restait accrochée aux seins toute la journée, j’étais complètement explosée en plus d’avoir mal.
Cette nuit là, j’ai demandé de l’aide à une sage-femme pour m’aider à trouver une position qui pourrait me soulager des crevasses. Je savais qu’il devait y avoir un souci de position pour que je morfle autant. Au-dessus du matelas à langer, il y avait une affiche avec cinq positions d’allaitement. Une affiche en noire et blanc, avec des imagines floutées donc quasi illisibles. La sage-femme m’a regardé et m ‘a invité à  » regarder les images,car tout est indiqué vous avez juste à faire pareil ». En gros,fais pas chier et regarde ton affiche. Trop fatiguée, je n’ai rien rétorqué.

Le troisième jour, la douleur est telle que je deviens phobique d’avoir la bouche de mon bébé sur ma poitrine. Je sais la douleur que je vais avoir avant même qu’il ne dépose sa petite bouche sur mon sein. Ma montée de lait est bien là, le lait coule à flot, mes seins sont énormes et je ne peux même plus mettre un soutif ou un vêtement dessus. Je morfle. Mais je sers les dents.
Une auxiliaire de puériculture ce jour là vient faire les soins à l’Etincelle. Il pleure. Elle me demande si je lui donne la tétine. Je lui dis que par choix, et pour éviter une confusion suite à mon allaitement je ne veux pas lui donner celle-ci. À peine le dos tourné qu’elle lui a foutu une tétine dans la bouche. Trop fatiguée du manque de sommeil et d’entendre pleurer, je n’ai rien dis. Mes oreilles avaient un peu de repos. Sauf que quand tu galères déjà pour allaiter, et qu’on met dans le bec une tétine à ton bébé, comment tu sais qu’il a faim? Eh ben… tu le sais pas. Il faut lui enlever et le mettre aux seins, au lieu de guetter les signes d’éveil ( yeux qui bougent quand il dort, main dans la bouche…).
Voyant ma poitrine sur le point d’exploser, elle me propose des bouts de sein. Ça a sauvé un peu mon appréhension de mettre l’Etincelle au sein. Mais la douleur était quand même toujours présente. Moins forte, mais quand même.
Cette nuit là, une sage- femme me voyant au bord de la crise de nerf d’avoir le bébé pendu au sein et souffrant à chaque succion puis par manque de fatigue me montre une position qui me permet d’avoir le sein disponible tout en ayant le privilège de dormir un peu. Sauf que contraction oblige, sa collègue du matin me sermonera parce que c’est dangereux de faire du cododo avec son bébé (…).

De retour à la maison, l allaitement se fait de façon anarchique. Le baby blues est là mais je ne le sais pas encore. Je n’ai plus de patience et avoir un bébé accroché à mon sein toute la journée (cf: l’allaitement à la demande) devient compliqué, même si je trouve ça très beau.

Cette semaine là, on a enchaîné trois jours de rendez-vous médicaux. Nous avons eu trois avis différents

– Le mercredi la pédiatre : « Nan mais quand il pleure, ne le mettez pas au sein. Il peut attendre 3/4h sans manger » D’ailleurs il dort où cet enfant ? A-t-il un lit adapté ? » On lui annonce que l’étincelle fait du cododo avec nous. Il a bel et bien un lit mais ne veut dormir que si je suis là.
–  » alors non madame, le cododo provoque la MSN. C’est chacun dans son lit d’accord ? » . Elle notera d’ailleurs dans le carnet de santé que notre bébé n’a pas de lit adapté. En gros, on est des parents incapables de faire dormir un nourrison dans un endroit correct.
On lui raconte que les selles se font rare. Rien s’inquiétant pour elle. À surveiller quand même si ça dure trop longtemps.
Courbe de poids parfaite pour le bébé selon la professionnelle de santé.

– Le jeudi le médecin traitant pour faire un premier suivi : –  » C’est pas normal s’il va pas tous les jours à la selle. Quand vous allaitez cest systematique « . Soupir de ma part. Hier on me dit l inverse.
En revanche, pour le cododo, c est parfait, il trouve ça cool et me dit que ça permet au bébé de se rassurer, puis à moi d allaiter sans me fatiguer encore plus.
Courbe de poids parfaite pour le bébé selon le professionnel de santé.

– Le Vendredi la PMI :  » Oulala votre enfant veut votre sein tout le temps. Peut être que vous avez pas assez de lait ! Vous massez vos seins ? Bon, il va falloir boire de la tisane d allaitement er compléter avec du Lait Artificiel dès aujourd’hui parce que votre enfant n a pas repris son poids de naissance à j10 et c’est pas normal du tout !. De plus, vous allez bien suivre mes conseils : vous le mettez 15 min au sein droit sans le toucher. Puis au bout de 15 min, vous lui changez la couche, en lui mettant de l’eau froide sur les jambes, ça va le réveiller et le stimuler un peu. Puis 5 min au sein gauche en lui pincant le lobe de l’oreille, lui chatouillant les pieds, ou lui frottant la tête ».
Concernant le cododo, comme pour la pédiatre, c est chacun dans son lit. Elle nous recommande de laisser pleurer l’étincelle autant de temps que possible et de ne pas céder aux caprices. Et de l emmailloter au possible.
Courbe de poids catastrophique pour le bébé selon la professionnelle de santé.

Sur trois sujets :allaitement / selles / cododo, trois avis différents.

Je suis ressortie du rendez-vous PMI en pleure. Culpabilisant pour le poids, j’ai foncé à la pharmacie en larme pour acheter du lait degueulasse artificiel.

Alors c est ça? Je n’arrive déjà pas à faire un enfant naturellement mais en plus le nourrir est aussi compliqué. Super.

Ma vie de maman

1 mois…

1 mois…

De tétées en illimitées

D’allaitement exclusif

De nuits blanches

De caca explosifs

De pipi surprises sur nos fringues

De couches lavables

De pleurs

De regurgitations sur mes seins

De cododo

De gros câlins

De bisous

De peau à peau

De bain donné à 2

De massage

De remise en question

De peur

De colique

De portage

D’amour

De bonheur

De bienveillance

De découverte

D’insomnie

D histoire

D’embrouille avec Mr Souris (aussi!)

D’un visage qui évolue

1 mois que notre petit Esteban a changé notre vie.

1 mois que notre vie a basculé.

1 mois que je sais que c’est LUI qui devait s’accrocher et pas un autre.

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À la maternité

Lors de mon inscription au Grand Hôpital, j’ai rempli une fiche concernant mon séjour au service maternité. Banal. Juste savoir si je souhaitais une chambre seule à 100€ la nuit – avec petit dej / déjeuner / goûter / dîner compris ( le luxe les ami(e)s – ou bien une chambre double, pris en charge à 100% par la sécurité sociale. Ma mutuelle prenant en charge 130€ la nuit, mon choix était vite vu.

Le 13 avril,un brancardier, après l accouchement m a ainsi conduit dans ma chambre. Une grande salle de bain, un lit, un frigo, la télé ( l’ arnaque voudra qu il faudra en plus du prix de la piaule prendre un abonnement à la journée- à la semaine ou au mois 🖕).

J’avais demandé à mes proches – sauf mes parents et une copine – de ne pas venir à la maternité. Cela n’a pas forcément été approuvé mais ça aura au moins eu le mérite d’avoir été respecté. Encore aujourd’hui, des gens n’hésitent pas à me faire des petits commentaires sur ce choix mais j’en ai rien à foutre. J’étais trop fatiguée à la maternité et nous avions besoin de nous découvrir. Puis, avec du recul, comment regretter cette décision ? Ça nous a permis de faire connaissance, de nous découvrir, et d’être dans notre bulle. En famille.

Le séjour à la maternité aurait dû durer 3 jours. Mais évidemment, rien ne se passe jamais comme prévu :

Après l’accouchement, l’équipe médicale m’a demandé à chaque visite ( toutes les heures ) si j’ai été uriné. Psychologiquement, impossible pour moi de penser à faire couler de l’urine sur mes nombreux points de suture au vagin. Trop peur d’avoir mal. Et puis surtout, je n’ai absolument pas ressenti le besoin d’aller vider ma vessie. Grosse erreur. J’ai donc souffert d’une rétention urinaire les jours suivants. En plus de ne pas ressentir ce besoin de me vider la vessie, je ne la vidais pas à fond quand j’y arrivais. Pas moyen d’arnaquer l’équipe médicale, elle se pointait dans ma chambre toutes les 2 à 4 heures avec un appareil pour contrôler le pourcentage d’urine dans la vessie. Autant vous dire qu à chaque fois je pouvais rester 30 min sur la cuvette des toilettes en priant le Dieu du pipi pour qu il me fasse tout évacuer. Parce que sinon c’était la sonde urinaire. Mais le Dieu du pipi, c est un peu comme DNLP. Il est fourbe. J’ai eu le droit à 5 sondes urinaires. Et avec l hématome des forceps et les fils de l’épisio… Je suis devenue joie.

La mise en place de l’allaitement a été une catastrophe. Je ferais un article dédié à cette partie. Encore maintenant je suis en colère contre l’équipe médicale et les professionnels de santé. L’étincelle a perdu 10% de son poids et on m’a donné une journée pour me démerder à ce qu’il reprenne au risque de rester encore plus longtemps dans le service maternité. Je peux vous dire qu’il a été attaché à mes nichons toute la journée et toute la nuit. Au moment de la pesée, bonheur, il a pris beaucoup plus que ce qu’on exigeait ! Je suis la meilleure.

Avoir un bébé c’est cool. Mais il n’y a pas de mode d’emploi. Et quand tu te retrouves, jeune maman, avec un nourrison qui pleure pendant de longues minutes qui te semble durer des heures… tu sais pas vraiment quoi faire. J’ai passé des heures à le prendre dans mes bras, à essayer de le consoler. J’ai passé des heures aussi à lui dire merci. Merci d’être là. Merci de s’être accroché en juillet et ce pendant les 9 mois. Sauf qu’avec les 36h dans la tronche du travail et de l’accouchement, l allaitement, les sondes urinaires et le manque de fatigue j’ai craqué. À 4h du matin, deux infirmières m’ont retrouvé en larmes. J’avais juste envie,tellement impuissante face à ses pleurs que je ne comprenais pas de me barrer en courant. Et dès qu’Etincelle pleurait, je pleurais avec lui. Je vous raconte pas l ambiance dans la chambre! Mr Souris a donc eu l immense joie le lendemain d être invité à dormir sur un fauteuil 5* pour pouvoir m’aider un peu. Et ce pendant 2 jours. Et bien, force est de constater que le 2eme parents devraient être systématiquement invité à dormir à la maternité. Parce que même la personne ne peut pas forcément aider pour certaines choses, elle est tout de même d un grand soutien moral. Et dans ce grand bouleversement, ça reste très important.

Quant à bébé Étincelle… la dilatation de rein à été contrôlée. Elle était toujours là. Scrupuleusement, on a dû vérifié qu il remplissait bien les couches d urines – décidément cet article parle beaucoup de pissouille.

Le GO pour partir,ce mercredi matin a été compliqué. Joie et peur. Joie de ramener ce petit être à la maison. D’ être enfin trois dans un environnement familier. Peur de mal faire. De se retrouver seuls avec des doutes et des questions. De ne pas assurer [et assumer aussi].

J’ai vidé la chambre. J’ai bouclé les valises. L’Etincelle dans la poussette, j’ai claqué la porte de ma chambre d’Hôpital. Et je me suis mise à pleurer. L’impression de vivre un rêve. Qu’on allait nous l’enlever. Pire, l’impression de voler un bébé. Alors que c’était bien le mien. Le nôtre. Mais mon cerveau a pas su rentrer l’information. Comme un espèce de déni. Alors les larmes ont coulés.

Nous avons traversé les couloirs de l’hôpital. À trois. Nous sommes passés devant les urgences gynécologiques. Là où nous avons entendu son coeur pour la première fois, ce 18 août suite aux saignements. Puis, nous sommes passés par le service PMA du Grand Hôpital. À cette heure-ci, de nombreux va et vient pour des contrôles sanguins ou des échographies vaginales. Nous nous sommes pris par la main. Mon coeur est devenu plus léger en voyant le panneau AMP derrière nous.

C’est fini. Plus de prise de sang à l’aube. Plus d’echographie vaginale pour compter les follicules. Plus de traitement.

Juste une nouvelle vie à trois qui commence.

39 SG - 41 SA

La veille de l’accouchement …Et nostalgie

Petite nostalgie…

La veille de l’accouchement, comme chaque semaine, je me suis prise en photo.

Aujourd’hui, ce ventre rebondi, qui rentrait facilement dans un taille 40 lors de la grossesse est (re) devenu plat et rentre de nouveau dans un taille 34.

Aujourd’hui, même si je suis comblée de bonheur avec mon petit garçon posé sur mon ventre, et que la grossesse aura été compliquée une bonne partie du temps, être enceinte me manque terriblement.

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La naissance

Retour en arrière…

Jeudi 11 avril 2019. Veille officiel du terme. Ce jour là, ma nuit est agitée. L Étincelle est hyper active dans mon ventre, et mes nausées et vomissements sont revenus à mon grand désespoir. Je me réveille ronchonne. J ai tellement mal au ventre qu’à peine le pied au sol,je décide de prendre un spasfon et de me faire une bouillotte. Rien ne passe et la douleur au ventre est permanente.

Dans l après midi, impossible de faire une sieste. Nina étant dans les parages , nous décidons d’aller bavarder autour d une glace.  Et c’est une Nina radieuse que je découvre, sortant tout juste de son échographie du deuxième trimestre. Des contractions, plus ou moins régulières m accompagnent. Au retour, épuisée par la douleur, je décide de m arrêter dans un parc. Assez longtemps pour rentrer chez moi sur mes pieds et non en rampant.

Le restant de la soirée se passe en mode PLS. La douleur devient régulière, a tel point que je vide le ballon d eau chaude de notre logement dans ma baignoire. Mon application de contraction m informe que je peux partir à l’Hôpital. Je sens que c’est pas encore le bon moment. Je le sais. je file dans la chambre conjugale avec une bouillotte et deux spasfons. Ma nuit sera tout autant compliquée que la veille. Mr Souris me retrouve à faire du quatre pattes dans le salon, devant un radiateur allumé à fond et une grosse couette sur le dos car je meurs de froid alors qu’il fait hyper bon ces derniers jours sur la capitale.

Vendredi 13 avril 2019. J’ai une tête de zombie. Les contractions me font terriblement mal et je ne maîtrise plus mon corps. Je parle avec une copine de galère qui est actuellement à la maternité où je suis censée pondre et à qui j’ai promis d’apporter le petit déjeuner lorsque j’irai faire mon monitoring le matin-même. Au vu des contractions rapprochées via mon application et de mes symptomes qui ressemblaient aux siens, sur ses conseils j’appelle les urgences maternité. La sage-femme me conseille d’attendre mon rendez-vous de 9h00 car « si vous pouvez encore parler, c’est que le vrai travail n’a pas encore commencé ». Alors, je prends sur moi. J’ai chaud. J’ai froid. J’ai mal au ventre. Très mal au ventre. Plus rien ne fait effet, et j’ai la diarrhée. Je suis en flippe totale aussi. Alors quand Mr Souris me dit que le temps de passer voir F et sa puce en chambre, et d’aller au rendez-vous, on peut partir de suite pour pas arriver en retard, je me prépare en 5 mins. Et, comme un pressentiment, je peaufine les derniers détails dans l’appart. Juste au cas où.

9h00 – Le monitoring est posé. La sage-femme revient vite me voir en grimaçant. Elle me demande pourquoi je ne suis pas venue plus vite  aux urgences maternité car mes contractions sont vraiment présentes et douloureuses [contractions atteignant les 115 de pics (et ça pique aussi tient!). Je lui explique la conversation téléphonique le matin même alors que j’étais sur la cuvette des toilettes. Elle soupire. Semble agacée.

9h46 – On file dans une autre pièce pour le toucher vaginal. L’assistante de la sage-femme prend le relais. Je la vois faire de très grand yeux. Des yeux énormes. Elle me demande plusieurs fois comment je vais. Je lui répéte que j’ai très mal au ventre mais que sinon, ça va. Elle appelle sa collègue sage-femme et lui dit « Mme Souris est ouverte à 3 cm. Presque 4cm. Il faut la faire monter en salle de travail! ».

Gné ? Stop stop stop!!!!! Moi et Mr Souris on est ce matin à l’Hôpital juste parce que l’Etincelle ne veut pas sortir et qu’on doit s’assurer que tout va bien…et là, le jour du terme, comme un grand, il a décidé de faire acte de présence ? Une dinguerie ce gosse.

A peine le temps de comprendre ce qui nous arrive que l’assistante de la sage-femme nous accompagne aux urgences maternité. J’ai le droit à un écartement de patient(e)s dans les couloirs de l’Hôpital quand elle se met à hurler que je suis en plein travail d’accouchement. Je peux presque rigoler sur le coup mais cette douleur…

Arrivés aux urgences maternité, nous sommes pris en charges par une sage-femme Maëlle et une étudiante sage-femme Maëva. Je ne le sais pas encore, mais c’est grâce à elle que je vais réussir à me contrôler. On me demande si je désire une péridurale. Ayant le col assez dilaté, on peut me l’installer. Je fais part d’avoir un accouchement physionomique si possible jusqu’au bout, ou du moins, le plus loin possible. Mon choix est respecté. La salle nature est occupée pour le moment. Mais on me donne un ballon – qui sera mon meilleur ami pendant une petite heure. On m’autorise à manger / boire et à me balader – n’étant pas branché au monito sauf pour vérification toutes les 2h max.

12h23 – Je suis dans la salle nature. Une immense salle, où se trouve une grande baignoire , une douche, un ballon, un fauteuil…des serviettes, des foulards pour s’accrocher…On me fait couler un bon bain…je me pose, et l’eau bouillante m’apaise. A chaque contraction je respire..je souffle…je râle…mais je tiens le coup. Je dis à Mr Souris que n’empêche, peut-être qu’en sortant de l’eau, je demanderai la péri. Parce que les douleurs sont quand même bien violentes.

13h40 – Je suis à 4cm. La poche des eaux est bombée. Prête à craquer. Mais ça n’avance pas beaucoup par rapport à ce matin.

15H14 – Le monitoring est posé. L’Etincelle gère plutôt bien les contractions. Mon col est passé à 5cm. La poche continue de gonfler. A côté de la salle nature…un bébé vient de naître. Mr Souris commence à réaliser qu’il verra bientôt son enfant. D’ailleurs, les sages-femmes pronostiquent que le sexe et l’heure d’arrivée d’Etincelle.

17h17 – Je suis à 6 cm. Il parait que la deuxième partie du travail commence. Je morfle de dingue. Je ne pourrai même pas décrire cette douleur tant elle est forte. Forte et constante. Maëva et Maëlle me font tenir le coup.Elle m’encourage à tenir bon. Me dise que tenir à ce stade, pour une première grossesse c’est très très bien. Que je suis courageuse. Mr Souris est d’un soutien sans faille. Il me refait couler des bains sans arrêt, m’aide à gérer ma respiration. Il rigole parfois aux bruits chelou qui sortent de ma bouche – mais c’est le seul moyen que j’ai trouvé pour évacuer la douleur.

19h – Maëva et Maëlle doivent partir. La relève nuit prend le relais. C’est Marianne qui s’occupe à présent de moi. Le courant ne passe pas. Je la trouve sèche. Directive. J’ai tellement mal que je tolère plus grand chose à présent. Alors, quand pendant les trente minutes de monitoring elle répète sans cesse « c’est bien, respirez, c’est parfaiiiiit » alors même que j’arrive plus à respirer, que j’ai envie de me jeter par la fenêtre tant la douleur est inqualifiable et horrible…j’ai juste envie de l’insulter. Et de lui dire d’aller voir ailleurs si j’y suis. Mon col est ouvert à 7cm. L’Etincelle elle, va toujours bien.

20h – Mon col stagne à 7cm. Je pète un câble. Quand Marianne arrive, je suis en train de mordre des serviettes, allongée entièrement dans l’eau de la baignoire, et je hurle la mort. J’ai peur de moi. Mr Souris a peur. J’ai l’impression d’être habitée par un démon. D’ailleurs, ma meilleure amie a eu la bonne idée d’appeler Mr Souris pour avoir des nouvelles, rien que de m’entendre en bruit de fond l’a traumatisé. Imaginer Mr Souris, visuellement en train de me voir me transformer en…je sais même pas…. Mais c’est sur que j’étais plus moi-même. Alors que la sage-femme m’a demandé de sortir de l’eau pour un monitoring, j’avais juste envie de l’envoyer chier encore une fois et de vraiment me jeter par la fenêtre. Parce que hors de l’eau, la douleur était 100 fois pire. La sage-femme continue de m’encourager comme elle le peut, mais elle me stresse plus qu’autre chose.

20h45 – Rien ne bouge. Sauf la douleur qui s’intensifie. Je me répète en boucle que je ne veux pas de péridurale. Non non non je n’en veux pas. La sage-femme me propose deux solutions : Une dose d’ocytocine pour intensifier les contractions – genreuuuuuuuh là elles sont pas assez douleureuses ma petite dame…. – ou bien percer la poche des eaux pour accélérer le travail. N’arrivant plus à contrôler mon cerveau, je demande à Mr Souris de décider pour moi. Je suis à deux doigts de tuer une personne, alors je suis pas apte à prendre une décision pour souffrir encore plus. Mr Souris opte pour la poche des eaux – il tient à sa vie penses-tu. Elle m’insére donc un petit baton en plastique et pouf…je sens couler de l’eau bien chaude. Ça coule en continue. Mais m’en fou, je retourne dans ma baignoire.

Sauf que…j’en peux plus. Je sais plus comment me mettre. Je me transforme en être démoniaque par la douleur.

21h35 – Le col est toujours à 7cm. Je suis en pleure. Je tiendrai plus aussi longtemps à cette allure. La sage-femme me propose une dose d’ocytocine. Je suis pas capable de gérer des contractions plus violentes dans l’immédiat – et surtout en dehors de l’eau le temps de faire le monitoring. Mais je veux pas de péridurale. Pour moi, c’est un échec. Sauf que Mr Souris commence à vraiment flipper de voir sa Mme Souris souffrir et être dans un état de transe. Alors je décide de demander la fameuse péridurale. Le personnel me félicite d’avoir tenu jusqu’à une dilatation de 7cm. Là, tout de suite, j’aurai pu être même à 5, je m’en fou, j’ai juste besoin qu’on m’assomme pour ne plus ressentir la violence qui s’introduit dans mes entrailles. Les douleurs d’endométriose à côté…c’est que dalle…je ne râlerai plus jamais quand J1 reviendra!

21h45. « MAIS QU’EST CE QU’IL FOU BORDEL IL A QUE CA A FOUTRE ET IL VIENT PAS ». C’est ce que j’ai hurlé dans ma chambre à propos de l’anesthésiste. Ouais…en fait, je contrôlais même plus mes pensées -_- L’équipe du nuit le rappelle en urgence.

21h50. L’anesthésiste pose la péridurale. Et bizarrement, je revis qu’à moitié. Je ressens encore les contractions. Moins fortes qu’il y a quelques minutes mais quand même.

22h00 à 3h du matin – ça n avance toujours pas malgré la dose d ocytocine posée et augmentée régulièrement. On nous parle de césarienne si dans une heure le col n est pas à dilatation complète. Je me prends à parler à Étincelle. Lui disant que j avais tenu bon dans toutes les epreuves jusqu’ici. Mais que la cesarienne, c’était un peu trop pour moi.

4h00 – Vérification du col. Je suis à dilatation complète. Point de cesarienne.

5h00 –  Je ressens une envie de pousser. Alors je suis autorisée à le faire. C’est dur. Très dur. Je fatigue. Le bébé aussi. Son coeur ralenti. L’équipe médicale s’agite. On parle de m’aider…On me laisse le temps cependant  » encore quelques minutes et on va chercher le matériel  » qu’on me dit. Vingt-cinq minutes de poussées plus tard et une Mme Souris completement epuisee, la salle se remplie de 6 personnes. Impossible de savoir qui est qui. Un médecin se présente et m annoncé qu on va me faire les forceps. Et une episio. Que dès qu on m’indiquera les consignes, il faut que je les respecte à la lettre. Soit. Malgré le drap posé vers mon vagin,le matériel dépasse. Et malgré la péridurale, je sens qu’on m écarte mes parties intimes. Je me sens autre.

5h40 –  on me pose un bébé sur mon corps. Il ne pleure pas. Il a l’air complètement sonné. L’équipe médicale s’occupe de le faire pleurer. Les premiers cris font leur apparition.

Toute l’équipe est suspendue. Tout le monde veut voir notre réaction à la découverte du sexe du bébé. Nous avons réussi à tenir 9 mois sans savoir le sexe de notre Étincelle. Fille ou garçon  nous importait peu. Peut on réellement se permettre d’avoir une préférence quand on met 5 ans à avoir un bébé?

Nous sommes parents. C’est l’essentiel.

L’étincelle est un petit garçon, du prénom d’Esteban. Né le 13 avril 2019, à 5h40 avec un poids de 3kilos 285g et de 52 cm.

 

 

 

 

 

 

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Le voyage en train

1er mois de grossesse

Les formalités de douanes ont déjà été faites :

  • L’ovule a rencontré les spermatozoïdes il y a quelques mois;
  • la fécondation a eu lieu;
  • Le blastocyste est allé s’enfouir dans la muqueuse utérine;
  • L’embryon dégage la plus belle mélodie du monde grâce à son cœur.

« Mesdames, messieurs, ce voyage est non fumeur, l’alcool ne sera pas non plus servi à bord ».

Le 1er mois de grossesse est terminé !

«Vous venez donc d’embarquer officiellement sur le trajet grossesse de la compagnie FAMILY-TRAINLINES».

« Prêtes pour le voyage? Veuillez attacher vos ceintures ! »

2ème mois de grossesse.

Le train roule sur les rails. A toute allure. Il s’agit d’une étape décisive, cruciale.  Une mauvaise direction, une vitesse insuffisante ou un obstacle sur les rails et ce sera l’accident assuré!

L’œuf est devenu embryon. Cet embryon est de plus en plus bien implanté dans son nid douillet tout au fond de l’utérus.

Pour éviter tout incident pendant ce trajet, voici les recommandations du commandant-gynécologue :

  • Pas de prise médicamenteuse sans avis médical,
  • attention à la viande mal cuite, au poisson cru et évitez les chats,
  • les rapports sexuels sont autorisés durant le vol sauf avis contraire : en cas de  douleurs ou de saignements : « elle est quand même cool notre compagnie ! »

« Si vous n’avez pas encore fait votre bilan de grossesse, une infirmière hôtesse passera dans les allées pour faire les prélèvements et les résultats seront interprétés pour chacun».

Ce début de trajet pourra être ressentie par certaines comme désagréable avec des nausées, vomissements, fatigue, excès de sommeil etc. ce sont les signes sympathiques de la grossesse.  Dès que nous aurons atteint notre vitesse de voyage, ces signes disparaîtront ou diminueront grandement pour la plupart.

« Merci de signaler à notre personnel naviguant tout saignement ou toute douleur inhabituelle».

3ème mois de grossesse

« Mesdames, Messieurs, ici votre commandant-gynécologue de bord, restez toujours attachés, nous sommes dans la phase d’ascension».

C’est la meilleure période pour faire votre échographie de datation de la grossesse si elle n’avait pas encore été faite.

Cette échographie permettra de vous montrer pour la 1ère fois votre bébé ! On pourra aussi entendre, avec émotion, les battements cardiaques !!! Oui vous êtes vraiment enceinte !!! Des mesures plus spécifiques seront réalisées par l’échographiste.

Les résultats du bilan sont connus et pour chacune, les précautions ou prescriptions idoines seront faites. Ces résultats seront consignés sur le carnet situé sous votre siège et qui servira de feuille de route.

Vous trouverez aussi devant vous des plaquettes de fer et une prise quotidienne est obligatoire dans notre vol pour pallier ou traiter toute anémie.

A la fin de ce 3ème mois, votre bébé n’est plus un embryon : c’est un fœtus. Sa tête fait la moitié de son corps. Il bouge beaucoup mais vous ne le sentez pas.

« Vous pouvez à présent détacher vos ceintures et déambuler à votre convenance».

4ème mois de grossesse

« Mesdames, nous stabilisons la vitesse du voyage, il y aura très peu de secousses. »

Un petit ventre commence à pointer. Pour celles qui ont déjà eu des enfants, les premiers mouvements sont sentis.

De petites douleurs, en rapport avec l’étirement de l’utérus sont possibles.

Certains troubles digestifs peuvent aussi apparaitre comme une constipation ou des remontées acides. Ces signes risquent de s’accentuer tout au long du voyage.

Il est temps de donner le traitement préventif contre le paludisme, surtout dans nos pays infectés de moustiques.

Ses mains sont entièrement formées, à la fin du quatrième mois, bébé mesure 20 cm et pèse environ 250 grammes.

5ème mois de grossesse

« Mesdames messieurs, ici votre commandant-gynécologue de bord, nous vous annonçons que la moitié du voyage a été effectuée. Nous allons donc refaire une petite vérification des différents bilans déjà faits. »

Attention au diabète gestationnel et à la pré-éclampsie !

La prise de poids ainsi que la hauteur de l’utérus seront aussi surveillées.

Pour les passagères ayant un groupe sanguin rhésus négatif, un bilan complémentaire sera nécessaire.

Enfin une bonne nouvelle : la seconde échographie permettra enfin de connaître le sexe de votre chérubin. S’il veut bien le montrer bien sûr  – et si vous le souhaitez!! Mais attention, il y a toujours une probabilité d’erreur dans la détermination du sexe. Donc lorsque vous passerez dans votre free-shop, n’achetez  pas que du rose ou que du bleu, mettez-y un peu de blanc ou de jaune histoire de varier les couleurs !

Votre bébé a bien grandit à l’échographie : il bouge, se retourne, suce son pouce…

Le plus important pour le médecin pendant l’échographie n’est donc pas le sexe du bébé. C’est plutôt la recherche d’éventuelles malformations fœtales car c’est le moment de la grossesse ou bébé est le mieux visible par échographie.

La localisation du placenta ainsi que la mesure de la quantité de liquide amniotique sont très importantes aussi.

6ème mois de grossesse

« Mesdames, pensez à vous reposer un peu, les 1ers  signes de fatigue commencent à se ressentir».

Impossible de cacher votre grossesse maintenant ! Affichez-la fièrement.

De petites contractions parfois ? Pas de panique ! C’est normal, l’utérus apprend à se contracter en prévision de l’accouchement prochain. Si c’est trop fréquent ou trop douloureux, parlez en au commandant de bord, il vous donnera un antispasmodique.

Bébé bouge beaucoup. Il est pris de crise de hoquet parfois, il commence à entendre un peu et les bruits violents le font sursauter.

Mettez lui donc un peu de musique parfois, il saura apprécier !

7ème mois de grossesse

Le voyage se poursuit toujours dans la même ambiance.

Le ventre est bien rond maintenant. Votre bébé pèse plus d’un kilo.

Il entend distinctement et …écoute même aux portes. Parlez-lui, cela le calmera un peu s’il bouge trop.

Il perçoit même les fortes lumières à travers son cocon soyeux.

Ménagez-vous, ce n’est pas le moment d’accoucher, sinon vous aurez un prématuré et nous sommes à 20.000 km de la destination ! ya t-il une sage-femme dans le train ?

Si vous n’avez pas encore débuté vos cours de préparation à l’accouchement, pensez-y. Les futurs papas sont cordialement invités.

8ème mois de grossesse

« Ladies and gentleman, ici votre gynécologue-commandant de bord; nous allons bientôt entamer notre descente vers BABYLAND. Merci de vérifier une dernière fois les bilans indispensables surtout si on envisage un accouchement sous péridurale. »

Pour celles qui ont les pieds un peu enflés, on surveillera la tension artérielle. Si elle est normale, nous vous invitons à surélever vos jambes le soir pour favoriser le retour veineux.

Si elle est anormale, un atterrissage-accouchement  en urgence pourra être effectué dans l’aéroport le plus proche et le plus sécurisé pour prendre en charge votre bébé.

Une 3ème dernière échographie dite biométrique sera faite. Elle appréciera les dimensions de votre bébé, son poids, la position de la tête, du placenta et la quantité de liquide amniotique.

Vous pouvez aussi enfin prendre vos congés de maternité. Sauf contre-indication médicale, vous pouvez marcher désormais chaque jour pour préparer l’accouchement.

A la fin du 8ème mois, votre bébé pèse environ 2.5 kg, ses poumons sont fonctionnels et tout risque de prématurité est écarté.

9ème mois de grossesse

« Mesdames messieurs, ici votre commandant-gynécologue, merci de bien regagner vos places, nous allons entamer la dernière phase du vol».

Nous entamons l’atterrissage vers BABYLAND. La destination de vos rêves. Il y fait un temps magnifique. L’amour est au rendez-vous. »

Même si vous n’atteignez pas la date théorique d’accouchement, vous êtes à terme et votre enfant peut naître… quand il le veut !

Il est physiologiquement prêt !

Lors de votre dernière consultation prénatale, la pelvimétrie sera effectuée, elle sert à évaluer les dimensions de votre bassin et à voir s’il est compatible avec un accouchement par voie basse.

En cas de doute, une scanno-pelvimétrie sera demandée pour avoir les vraies dimensions de votre bassin.

La décision de tenter un accouchement par voie basse ou d’aller directement en césarienne, dépend pour beaucoup de la confrontation entre la position du bébé et le bassin de la maman.

Le poids du train a été alourdit de 8 à 12 kg par femme enceinte.

Le bébé est très bas, il appuie fortement sur votre vessie et vous urinez très fréquemment.

A la fin de la grossesse, bébé mesure environ 50 cm et pèse un peu plus de 3 kg.

L’accouchement se fera au plus tard à 41 semaines d’aménorrhée. Si l’on arrive à 42 semaines d’aménorrhée, on parle de dépassement de terme.

Un déclenchement du travail pourra être fait avant.

ACCOUCHEMENT !!!!!

« Félicitations madame, vous venez d’avoir un bout de choux ! Le papa est tombé dans les pommes tant l’émotion était grande ! »

«Le gynécologue-commandant de bord et l’ensemble de équipage : sages-femmes, infirmières et personnel administratif  vous remercie d’avoir choisi la compagnie FAMILY-TRAINLINES »

N’oubliez pas de prendre votre contraception à la descente de l’appareil et nous vous donnons rendez-vous lors de votre prochaine grossesse.

Ps : j ai tjs pas accouché mais c est pour très bientôt 😆