Ma vie de maman

Je le quitte #2

Il a fallu attendre…quelques jours que je lui donne les textes de loi pour que la procédure se lance.

Un premier entretien jeudi. L’Etincelle m’accompagne. Sage comme une image. Souriant à toute l’équipe – de ce qu’il en reste – j’en profite pour  le laisser à un collègue le temps que je fasse les démarches. Je me retrouve seule avec lui. J’ai envie de le pourrir tellement il a été infecte durant la grossesse. Je ne fais rien. Je veux me barrer au plus vite. Me barrer vite et bien. Alors je souris. Bêtement, en mode niaise, mais ça marche plutôt bien. Il me fixe un second entretien – la procédure toussa toussa – au lendemain. Je sais que c’est les dernières fois que je vois certains d’entre eux. Alors je panique. Les changements parfois, je suis pas trop fan. J’aime mes petites routines. M’enfin. En attendant la pause déjeuner, je file au parc Monceau. Le parc juste en face du cabinet de Dr Hope. Et je suis prise de sentiments étranges. Ce parc, je l’ai frôlé un nombre incalculable de fois. J’y ai fais des piques-niques avec Psychota, Endolorie, Lucienne…avec un cœur complétement meurtri et un ventre désespérément vide. Je passais mes pauses déjeuner du boulot quand le beau temps était au rendez-vous là-bas.  Et j’y reviens, ce jour-là, le ventre vide mais avec une poussette et mon Etincelle gazouillant et souriant. Avec le coeur léger.

Le deuxième entretien a lieu le lendemain. Il pleut énormément. Flemme de prendre la poussette, je privilégie l’écharpe de portage – je suis une grandeuuuuuh fan du portage oulalaa je ferais un sujet à l’occass – et retourne donc sur mon lieu de travail. Le rendez-vous est fixé à 10h00. Il n’est pas prêt. L’Etincelle me fait bien comprendre qu’aujourd’hui on va pas aller se balader et qu’il faut faire vite. On a le droit a des petits soufflements – comme s’il sentait que moi aussi j’étais saoulée d’être là-. Vingt minutes de retard plus tard, il me fait signer les feuilles. C’est acté. Dans quelques jours, je ne ferai plus partie de la société. Je connais le montant du chèque que je vais recevoir à la fin de mon contrat. Mon solde de tout compte sera énorme étant donné que j’ai pris aucun de mes congés l’année N-1 et l’année N en cours. D’ailleurs, il en profite pour me dire que j’aurai pu les poser au lieu de me foutre en arrêt maladie au cours de la grossesse. Ce mec…il est trop drôle. Il en profite pour parler à l’Etincelle…qui fini par hurler. C’est de famille..on aime pas les cons. La personne qui me remplace est conservatrice. Le paquet de gâteaux, ouvert, que j’ai laissé avant de partir aux urgences lors du début de grossesse n’a pas bougé. La bouteille d’eau entamée elle aussi également. Je récupère mes affaires mais je laisse les gâteaux et la bouteille. Je file dire au revoir à quelques collègues que j’apprécie.  Ayai…c’est la dernière. Je ne remettrai plus jamais les pieds dans cette société. Je claque la porte. Sereine. Légère. C’est fini.

A chaque étape de la PMA j’ai changé de boîte. Coïncidence ou pas, je ne sais pas.

Cette fois-ci, une entreprise non loin de chez moi (20 min juste en prenant un bus :o) m’a débauché. Ils m’ont proposé un salaire beaucoup plus élevé avec des avantages de folies :  remboursement à 100% du pass navigo – CE – Cantine – Tickets restau – Prime sur objectif – Prime de participation… en gros après réflexion j’avais tout à y gagner. Et j’ai même eu le droit de choisir quand je voulais commencer  – autant dire, c’est pas pour tout de suite mais il paraît que ça passe vite.

Aujourd’hui, j’ai un bébé. Je veux profiter de lui. J’ai besoin de tourner la page PMA jusqu’au prochain rendez-vous avec Dr Hope et pour cela le changement va m’y aider. J’ai pas envie qu’on sache que je suis infertile. Que j’ai eu un parcours PMA de 5 ans avant d’arriver à avoir mon Etincelle. Lorsque j’ai eu mon deuxième entretien dans ma nouvelle société, les personnes avec qui je vais bosser – des femmes hyper fertiles apparemment – m’ont demandé quand était prévu le prochain. J’ai beugué en leur demandant  » le prochain quoi ? ». Quand j’ai compris qu’elle parlait d’un bébé, j’ai répondu que je ne savais pas. L’une m’a répondu  » ici, on a toutes programmées pour avoir un bébé au printemps et ça a marché direct » ( avec le petit clin d’oeil qui va bien). Muahaha. Dans ma tête, c’était l’apocalypse. Je suis donc le couple sur six dans ce nouveau bureau. Je sens que je vais bien me marrer!

 

 

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Ma vie de maman

Des retrouvailles pas si faciles…

On en parle peu. Voir pas du tout.

Est-ce que ça aussi c’est tabou? Parce que quand tu as ton bébé dans les bras, la société te demande -une fois de plus – de te la fermer. Bon, bah moi, comme je fais rien dans les normes de toute façon, je vais continuer de l’ouvrir. Puis de parler ce qui peut arriver une fois que tu accouches.

Pendant la grossesse, le bébé, par son poids appuie sur le périnée. Du coup, tu es susceptible d’avoir des fuites urinaires. Et là, toi qui te faisais une joie de ne plus porter de protection hygiénique pendant 9 mois, tu te retrouves avec des protections pour incontinences. La joie.

Quelques jours / heures après l’accouchement, tu te retrouves à ne plus avoir envie d’uriner. Ça bloque. Alors avec un peu de  malchance, tu te retrouves sonder pour évacuer ton urine afin que tes reins ne soient pas noyés. La joie (bis).

Et puis tu rentres chez toi. Et là, tu peux te retrouver à te pisser dessus. Sans t’en rendre compte. Tu portes bébé : Tu pisses. Tu marches : Tu pisses. Tu t’accroupis  : Tu pisses…Bref, quoique tu fasses, tu te pisses dessus. Alors j’ai relativisé. Beaucoup. Je me suis dis que j’étais vachement grosse sur la fin de grossesse. Que mon périnée avait quand même bien pris cher avant l’accouchement et que l’accouchement par voie basse l’avait pas aidé du tout. Puis quand je suis rentrée d’une balade en voiture et que je me suis retrouvée avec une robe trempée au cul…je me suis dis que là c’était plus possible. J’ai dévalisé le rayon de serviette pour fuites urinaires et j’ai fait des croix à mon calendrier jusqu’à la date officielle où je pouvais commencer mes séances de périnée.

Avant de commencer la rééducation du périnée, on nous recommande lors de cours de préparation à l’accouchement de faire une séance d’ostéopathie. Mon ostéo étant en vacances, je prends RDV avec celle de Mr Souris. La grossesse m’a abimé. J’ai le dos en compote. L’accouchement m’a achevé : Tout est déplacé. Elle passe beaucoup de temps sur mon petit corps et me recommande des sages-femmes et des kinés pour ma rééducation.

J’ai longtemps entendu du bien de la rééducation du périnée faite avec une sage-femme et puis comme je voulais aussi faire mon suivi post accouchement en même temps je me suis dis que c’était le bon plan. J’ai donc pris un RDV avec la première sage-femme de sa liste et non loin de chez moi.

Elle est jeune. Très jeune. Pas souriante. Comme indiqué sur Doctolib, il faut ramener son compte rendu d’accouchement et de grossesse. Alors je ramène les documents. Et là, je m’en suis prise plein la gueule. Pourquoi la PMA ? Y’avait bien une autre façon de procéder…(ah ?!) – Pourquoi j’ai pas pris la péridurale avant ..et blablablablabla…puis elle me parle pilule. Il faut absolument que je reprenne une contraception parce que « un accident est si vite arrivé ». Donc, elle considère qu’après 5 ans de PMA, si tu arrives à avoir une grossesse miracle, cela s’appelle un accident…on est bien les gars on est bien…Elle m’invite à passer de l’autre côté. Et à enlever ma culotte. Crispée, je lui explique que la zone inférieure à mon ventre est compliquée à gérer pour moi. La faute aux forceps dont j’ai vu l’acte de A à Z car l’équipe de l’Hôpital n’a pas eu le temps de camoufler avec un drap et de l’épisio qui m’a fait des points de sutures dont la cicatrisation a du mal à se faire. Elle me regarde et me dit que de toute façon, je n’ai pas le choix, qu’il faut qu’elle fasse un toucher vaginal. Je fonds en larmes. Evidemment. Mr Souris n’a pas le droit de me toucher, et je dois laisser faire une étrangère parce que je n’ai pas le choix… OK. Elle n’attend même pas que je sois prête, elle met ses doigts et me demande de contracter mon périnée. Je prends sur moi. Je serre les dents. Elle fait son compte rendu et me dit que c’est une catastrophe. Les mots ne sont dits avec aucune délicatesse. Je rentre chez moi en larme, avec une ordonnance pour une sonde vaginale.

1 semaine plus tard, le deuxième rendez-vous est une catastrophe. Pas d’autres choix que d’y aller avec l’Etincelle. Elle me rassure en me disant qu’elle s’en occupera s’il chouine. OK. Toujours pas prête à m’insérer quelque chose de moi même dans le vagin, je lui demande si elle peut insérer la sonde. Gros soupir de sa part. Frustration de la mienne. Je suis encore à deux doigts de pleurer. J’en suis à la limite de me dire que c’est peut-être pas normal d’être dans cet état après l’accouchement. Et elle a du lire dans mes pensées car elle me conseille d’aller voir un sexologue. Pas besoin…je lui réponds juste que j’ai quand même eu un accouchement compliqué et que j’ai juste besoin de me réapproprier mon corps. Elle re souffle et m’insére la sonde. M’explique que je vais ressentir des petits fourmillements pendant 20 mins. Puis elle se barre. De l’autre côté du paravent, me laissant avec ma sonde dans le vagin qui m’envoie des petites ondes et un bébé qui hurle parce qu’il veut pas être dans son fucking transat ( on pratique la motricité libre depuis le début et l’Etincelle n’a jamais été dans un truc comme ça) ce qui me fait être à un stress +++. Au bout des 20 mins, elle me dit – toujours de l’autre côté du paravent – que je peux enlever la sonde. Quand je récupére bébé Etincelle rouge de colère, je vois la sage-femme posée à son bureau, en train de chatter avec des copines à elle. Je suis joie. Je rentre énervée à la maison. J’ai annulé absolument tous les rendez-vous de rééducation avec elle.

Et je me suis de nouveau retrouvée encore une fois devant la liste de l’ostéo. Alors là j’ai opté pour un kiné. Et mon Dieu…comme j’ai bien fait.

Elle est jeune. La trentaine mais proche quarantaine. Il faut aussi venir avec un dossier. Mais à contrario de la sage-femme, elle prend le temps et opte pour une approche en douceur. Je suis absolument pas prête pour un autre toucher vaginal. Elle le voit. Alors elle me donne des exercices à faire à la maison. Sans me mettre la pression et me cale les rendez-vous des prochaines séances en m’informant que si je le sens pas, il faut absolument que j’annule.

Quelques jours plus tard, me voilà allongée sur une table d’examen. Sans ma culotte. Avec une sonde entre les jambes, à faire courir un petit lapin qui doit manger des légumes qui se trouvent en haut d’une courbe ( et il faut donc contracter le périnée) et manger les légumes en bas de la courbe (et là il faut relâcher). Après vérification, mon périnée est hyper méga contractée. Il se relâche pas. Alors j’ai consigne de me masser le périnée. Et d’acheter le souffleur de la méthode Guillarme pour la rééducation abdominale parce que ça sert aussi pour le périnée.

Au fil des séances, on voit l’amélioration. Après pas moins d’une dizaine de séances avec mon ami le lapin (je préférai que celui-là je sais pas trop pourquoi), j’ai réussi à avoir des tissus même si je suis pas encore tout à fait dans la norme et que je sais qu’au retour de vacances, je vais avoir le droit à quelques séances en plus.

Cependant, je vais pouvoir commencer ma rééducation abdominale. Parce que même si je suis partie d’un poids de 45kilos avant la grossesse, que j’ai pris pas moins de 20 kilos et que j’ai tout perdu illico presto, mon ventre a perdu clairement de sa tonicité. Je cherche mes abdos quoi. La kiné m’a expliqué qu’ils n’étaient pas loin, que la grossesse les avaient « poussés ». Alors en attendant de commencer mes cours de pilate, moi qui était portée sur le physique niveau poids, j’oublie. Je prends sur moi et me trimballe avec ce petit pli sur le ventre. J’évite les pantalons, qui accentue le truc parce que clairement pour le moment, la taille 34 après un accouchement, tu oublies ou alors tu respires plus. Ça boudine quand tu as ce (fameux) petit pli.

Mais j’ai retrouvé mon périnée. Et ça, c’est magniiiiiiifiiiiquuuuue.

Je me pisse plus dessus \O/

Non classé

Je le quitte #1

Ça fait des semaines que j’y pense. Des mois peut-être … mais par culpabilité je ne le faisais pas. Et puis un matin, je l’ai fais. Le cap est passé.

Je n’ai pas eu le courage de l’appeler. Alors je lui ai envoyé un mail.

On s est donné rendez-vous.

On a parlé. Longtemps. Très longtemps.

On a négocié aussi. Sur ce que je devais faire pour se quitter en bon terme. Vu ma motivation… pas certaine d’y arriver. M’enfin. Mes conditions de rupture ont été acceptées. C est ce qui compte.

Je suis sortie de ce rendez-vous le coeur un peu plus léger. Encore plus quand j’ai vu mon Étincelle me sourire. Je fais tout ça pour lui. Pour nous. Je n’ai, à cet instant, plus de doute sur le fait d’avoir pris la meilleure décision pour notre avenir.

Je l’ai quitté.

La procédure est en cours.

 

 

Ma vie de maman

Le transfert du 18 juillet

Une robe noire -pour cacher la partie intime- avec des fleurs colorés pour moi.

Un polo blanc d’une célèbre marque et un jeans pour lui.

On s’est rendu en mode saoulé à la Clinique de la Muette de bon matin, sans savoir si le transfert aurait bien lieu ou pas vu que les informations ne circulent pas bien entre les services..

Bouteille d’eau à la main, j’ai bu ma grande bouteille d’eau tant bien que mal, remplissant par la même occasion ma vessie que j’ai envie d’aller vider illico presto dans la foulée.

Dans la salle d’attente, les couples se regardaient. S’apprivoisaient. Mais ne se parlaient pas. Pourtant, on sait tous que nous étions là pour la même chose: décrocher le Saint-Graal.

Hope est arrivée. Tout sourire. Suivie de près par la biologiste, qui nous a répété que l’embryon était très beau. Même discours que les autres fois sans garantie de résultat pourtant.

L’embryon brillait sur l’écran de l’ordinateur. On savait pas trop comment on allait le nommer celui-ci. Alors on a attendu que tout le monde sorte de la salle de transfert, et on a commencé à donner des noms à la con.

En voiture, j’ai positionné mon siège de manière à ce que je sois allongée. C’est con je sais, mais j’avais besoin de me dire que je faisais tout pour que l’embryon soit confort.

A la maison, j’ai abusivement abusé des audios de mon hypnothérapeute. Et j’ai écouté ses sages conseils quand elle me disait parler aux âmes. Un truc de tordu j’imagine si on sait pas trop de quoi ça parle, mais ça me faisait du bien de lui dire que j’étais prête à l’accueillir.  Qu’il n’avait plus qu’à se nicher maintenant. Que la moitié du boulot avait été fait. La, c’était easy. Que j’allais tout faire pour le rendre heureux s’il décidait de s’implanter. Que j’avais fait la paix avec mes démons intérieurs. Tout était ok dans ma vie, il ne manquait plus que lui.

Un an est passé.

Nous avons reçu dans la boîte aux lettres un courrier du laboratoire Eylau.

« Il faut payer » me dit Mr Souris. « Ce sont la conservation des embryons ».

Payons alors.

Parce qu’un an après, avec ma petite Etincelle dans le creux de mes bras je n’ai rien oublié de cette journée.

Je n’ai pas oublié comment j’étais habillée. Comment il était habillé. Les blagues de Dr Hope pour me détendre. Les encouragements et le petit SMS de l’hypnothérapeute. Les pensées des 2 seules personnes de notre entourage qui étaient au courant de ce transfert. Le stress. L’angoisse. La boule au ventre.

Parce qu’un an après, on sait encore la chance que nous avons eu d’avoir 6 blastocystes lors de la FIV 3, sans perte entre J1 et J5/6.

Nous savons la chance que nous avons de ne pas avoir tout à recommencer si jamais nous voulions agrandir notre famille.

Un an après, je regarde la photo de l’écran de l’échographie, et je me dis que c’est juste fou.

Le 18 juillet 2018, une petite Étincelle, sans le savoir, allait devenir un magnifique feu d’artifice quelques jours plus tard.

 

Ma vie de maman

Le retour de J1 et des décisions

J1 vient officiellement de pointer le bout de son nez. 1 an et 3 mois après la fameuse ménopause artificielle faite par Hope pour préparer le TEC gagnant.

Je savais que mon retour de couche allait être imminent. Mon corps a retrouvé ses bonnes vieilles habitudes d’il y a un an. Grosse fringale, vertiges, boutons, mauvaises humeurs…

Mais même si je savais qu’il allait revenir à un moment, voir ce sang, sur ce papier toilette blanc m’a perturbé. Est-ce que chaque mois je vais vivre l arrivée de mon cycle comme un échec du bébé couette ? Très probablement. Est-ce que j’ai envie ( et Mr Souris aussi) d’un n°2 ? Carrément. Dire immediatement serait mentir. Cependant, on a une deadline pour reprendre rendez-vous avec Dr Hope si naturellement il ne se passe rien.

Mais mais mais… Dr Hope, que j’ai vu récemment pour raison personnel et non médical m’a tout de même recommandé de (re)prendre une pilule en continue pour ne plus voir apparaître J1 et faire flamber l’Endometriose.

Tu le vois le choix de merde ?

Ne pas reprendre la pilule et espérer un bébé couette… au risque de pas avoir de bébé couette mais une Endometriose qui refait surface….

Ou reprendre la pilule, ne plus avoir de règle donc faire dormir l’Endometriose mais dire adieu au bébé couette ( et potentiellement bonjour à la PMA de nouveau ).

Un sacré bordel donc à venir

Ma vie de maman

Les urgences gynécologiques #2

Un jour de juin. La précédente douleur revient. Lancinante.

Mr Souris étant au travail, je me force à regarder dans le miroir. Je vois un hématome. Encore. J’ai tellement mal que je demande à une copine si elle a moyen de m’accompagner aux urgences maternité de là où j’ai accouché. Elle ne peut pas. Du coup, j’attends Mr Souris pour qu’il puisse garder l’Etincelle et que j’aille consulter. Il tient à venir.

Nous revoilà donc au service maternité. Avec un bébé dans les bras cette fois. Je sonne. Une sage-femme m’accueille. Prise de température, de tension… Elle me demande de faire pipi dans un flacon. Ahhh ça aussi c’est un sujet qu’il faudrait que je fasse à l’occassion. Le post pipi. Bah non Madame, j’ai pas envie. C’est embêtant hein, mais j’arrive pas à pisser. Bref. Elle me donne un flacon au cas où puis me dit que le médecin viendra me chercher.

1h30 plus tard, le médecin vient me chercher. Elle sort mon dossier de grossesse. Elle refait le point sur l’accouchement : 36h de travail – forceps – épisio => accouchement sportif dit-elle. J’aurai plutôt dit traumatisant m’enfin…

Après avoir fait le point, elle me demande de m’allonger pour qu’elle puisse examiner. Comme la plupart des gens qui ont regardé mon vagin après l’accouchement, elle aussi me dit que mes cicatrices sont belles – mais ça me fait toujours une belle jambe – et que d’ailleurs tout est cicatricé. Ma douleur provient d’un hématome qui refait surface. Ça arrive fréquemment, notamment si on est souvent en position assisse. J’allaitais encore à cette époque, alors ça me choque pas sur le coup. Elle aussi me recommande le massage vaginale. Je ne peux toujours pas. Et allez savoir pourquoi, elle commence à me parler de pilule contraceptive. Parce que même après des années de PMA, je peux tomber enceinte naturellement. « Cela s’est souvent vu ». Je ris jaune. Je lui rappelle que je suis incapable de me masser le vagin alors m’introduire le sexe de Mr Souris, ca va pas être pour tout de suite. Elle s’excuse. Décidément, les gens croient vraiment aux miracles… même en voyant nos 5 ans de PMA et notre parcours chaotique…

En sortant, je vois l’une des sages-femmes qui m’a accompagné dans la salle nature lors de mon accouchement. L’une des deux qui étaient d’une douceur infinie, et d’une bienveillance hors norme lorsque je n’avais pas de péridurale. Elle me demande comment je vais et surtout comment va le bébé. Juste le temps de bavarder un peu, une femme enceinte arrive en hurlant. Elle est dilatée à 2cm et hurle la mort. Elle doit s’occuper d’elle. Je lui souhaite bon courage. J’ai envie de dire à la femme qu’elle a de la chance. Elle va accoucher – si son travail dur pas des lustres comme pour moi – avec une crème. Normalement, je ne retournerai pas aux urgences gynécologiques. C’est avec un petit pincement au cœur que je dis au revoir à la sage-femme. Et que je rentre à la maison, avec mon vagin sur la voie de la guérison, Mr Souris et mon bébé.

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Les urgences gynécologiques #1

Les soins de l’épisiotomie continuaient d’être appliqués après le retour à la maternité.

Jour férié de mai, je ressens une douleur au niveau d’un point de suture. Je demande à Mr Souris de regarder. Pas hyper glamour certes, mais je suis dans l’incapacité de me toucher pour sentir ce qui se passe et encore moins de regarder avec un miroir à quoi ça ressemble. La tête entre mes jambes, Mr Souris tourne de l’oeil. Quand il remonte sa tête, il me demande de prendre vite rendez-vous avec la gynécologue, consoeur de Dr Hope.

Vu sa tête et ma douleur, je comprends bien que ce qui se passe au niveau de mon vagin n’est pas normal. Un petit tour sur Doctolib, pas de place avant fin juin. Je suis incapable d’attendre que le jour férié passe pour joindre le secrétariat. Je cherche donc un gynécologue disponible de suite et qui peut me prendre un bras par la même occassion.

Le rendez-vous est fixé fin d’après-midi. C’est un cabinet de gynécologie / PMA / et suivi de femmes enceintes, juste à côté de la Clinique de la Muette. Dans la salle d’attente, une pmette qui fixe l’Etincelle avec un large sourire. Et deux couples qui viennent faire leur T1.  La gynécologue m’appelle. Elle est très jeune. Je lui explique que j’ai accouché le 13 avril et que les soins de l’épisio se passaient relativement bien mais que depuis quelques jours une grosse douleur à un endroit précis était apparue et que je douillais bien comme il faut. Elle me demande d’aller « dans la salle à côté ».

J’ai les larmes aux yeux. Il faut de nouveau que je baisse ma culotte. Moi qui pensais en avoir fini avec les examens gynécologiques. Depuis l’accouchement, mon vagin est une zone que je préfère largement oublié. En position gynécologique, elle m’informe qu’elle doit procéder à un toucher vaginal. Je fonds en larme. Elle examine ensuite les nombreux points de suture et m’informe que la cicatrice est très belle. Ca me fait une belle jambe. Elle repère l’endroit où j’ai mal. Un fil est en train de cicatriser à l’intérieur de la peau. Cela a créer une boursoufflure et un hématome. Naïvement, je me dis que c’est pas grand chose, une petite crème, un comprimé pour la douleur et ça rentrera dans l’ordre.  Ma naïveté me tuera. Elle me dit qu’il faut pratiquer une anesthésie locale pour retirer le fil. LOL! Mais qu’elle ne sait pas faire…c’est la première fois qu’elle doit pratiquer ce genre de chose seule…donc qu’elle préfère appeler son collègue. Oui oui madame, appelle ton collègue…me touche pas!

Le collègue arrive. J’ai l’impression d’être dans un bloc opératoire. Il prépare les ciseaux. La seringue. Une pince. Puis il m’anesthésie. De loin, je vois Mr Souris qui gère l’Etincelle. L’air un peu inquiet quand même de me voir souffrir et encore dans une situation à laquelle je me serais bien passée.

L’acte aura duré une quinzaine de minutes. Le collègue me dira lui aussi que mes cicatrices sont bien faites. Mais ça me fait toujours une belle jambe. Il me montre le fil qui s’était implanté dans ma peau. Immense. Tout dur. En forme de crochet. Je suis saoulée.

Délestée de 100€, je rentre chez moi avec la consigne de masser mon vagin avec une huile végétale – acte que je suis incapable de faire tant psychologiquement je fais un blocage –  et l’envie de tuer le médecin qui m’a pratiqué une épisiotomie sans me demander mon avis.

Ma vie de maman

Compte rendu de consultation

Lors de l’échographie du troisième trimestre, on nous a annoncé que le rein gauche de l’Etincelle était fort dilaté. Tout le monde se voulait rassurant, nous disant qu’à la naissance, ça allait se résoudre. La maternité nous a orienté vers un centre spécialisé pour les nouveaux-nés et les enfants à Boulogne-Billancourt..au cas où…. La pédiatre nous a recommandé le même endroit…au cas où…

Nous nous sommes donc rendu, tous les trois au rendez-vous pour passer l’échographie rénale. Dans la salle d’attente, l’Etincelle est le seul nourrisson.Ce jour là, il n’a que 3 semaines de vie à peine.J’appréhende fortement la consultation et le résultat. Cela doit se voir à ma tête, car la dame qui nous prendra en charge passera deux bonnes minutes à me dire que ça va vraiment bien se passer, qu’elle a l’habitude et que ça va pas durer longtemps.

C’est donc en couche que l’Etincelle se présente à la dame. Pas de pleure, jusqu’à ce qu’elle applique le produit. Tu m’diras, c’est froid quoi. Lui, il cherche la chaleur de mon corps. Bref. La dilatation est bien là. Côté gauche. Beaucoup plus grosse que lors de l’échographie du troisième trimestre et de l’examen de la maternité.

On en profite pour faire l’échographie des hanches. RAS.

190€ plus tard (ouais, ça pique comme pour la PMA les bébés), nous sommes invités à prendre RDV avec Dr C., chirurgien viscérale et urologue pédiatrique. J’aime bien voir à quoi ressemble les médecins que je consulte de base, et encore plus quand je dois lui confier mon bébé. Alors, un petit coup d’oeil sur Doctolib et là je vois Mr Beau gosse. Je regarde les avis sur le moteur de recherche…il a bonne réputation. On peut y aller.

Le rendez-vous a été pris pour le 04 juin, dans son cabinet privé dans les beaux quartiers parisiens, juste en face de la Tour Eiffel. Une salle d’attente cosy. Un bébé qui est sage. Moi qui stresse et Mr Souris qui me rassure du mieux qu’il peut. Voilà le tableau. Dr Beau gosse vient nous chercher. Il est encore plus beau en vrai que sur les photos.

On fait le point sur ma grossesse. L’HG notamment. Il regarde les clichés de l’échographie de la T3 puis ceux réalisés à la sortie de la maternité. Il confirme que le rein est encore plus dilaté qu’au début. Nous voilà donc à confirmer le nombre de couche et la fréquence à laquelle nous changeons l’Etincelle. Puis, il me demande s’il peut l’examiner. Un médecin bienveillant – et beau gosse! bah dis donc…

Revoilà donc la petite Etincelle en couche. Le chirurgien examine l’abdomen (qui est souple), les orifices herniaires (qui sont libres), les deux testicules (bien en place), la verge (normalement développée) et enfin le prépuce ( qui est recouvrant). Il note l’absence de fossette sacrée. Il note la prise de pondérale insuffisante dû aux débuts des emmerdes avec l’allaitement. Je le rassure, lui expliquant que je suis sur le point d’arrêter et de compléter à côté pour pas que l’Etincelle meurt de faim. J’en ai lourd sur la patate. Encore une fois.

Conclusion:

Simple pyélectasie gauche dont l’évolution sera probablement favorable avec la croissance et ne justifie que d’une surveillance échographique. En cas de fièvre inexpliquée ou de franche modification de son état général il est recommandé de réaliser un ECBU à la recherche d’une pyélonéphrite.

Une nouvelle échographie devra être réalisée en septembre. A ce moment là, il décidera à quelle fréquence le rythme de surveille devra être réalisée.

En attendant, j’ai consigne de surveiller que l’Etincelle remplie bien ses couches.