Ma vie de maman

Il parait qu’il faut que je te parle…

Alors je vais t’écrire.

Mais de quoi ? J’ai tellement de chose à te dire.

En ce moment c’est pas la grande forme par ici. Nous avons repris le chemin de la PMA. Pour essayer de te faire un petit frère. Ou une petite soeur. Ou bien les deux. Non, la je déconne! Mais c’est comme si je bloquais. Psychologiquement parlant je veux dire. Du coup, j’ai décidé de prendre ma plume, et de te parler. A cœur ouvert. Je sais pas trop ce que ça va rendre. Je sais pas non plus ce que tu en penseras, quand tu liras ses lignes. Mais en tout cas, ça me fera du bien c’est sûr. Ecrire m’a toujours fait du bien. C’est aussi un peu pour ça que j’avais ouvert le blog PMA à l’époque. Tu te souviens…j’arrête pas de dire qu’écrire ça permet de mettre des mots sur les maux. Alors, tu es prêt ? Assis-toi confortablement, et surtout, ne sois pas brusqué(e) par mes propos. Tu sais, les hormones, la parentalité…tout ça, c’est pas si simple qu’on oserait nous faire croire.

Comme tu le sais, je n’ai pas aimé être enceinte. J’ai même voulu t’enlever. C’est bizarre pour une personne qui s’est battue pour porter et donner la vie. Mais c’est ainsi. J’ai su bien après ma grossesse que beaucoup de personne n’aimait pas être enceinte à cause du changement corporel. Moi c’était plutôt à cause de tous ses vomissements (merci  hyperémèse) qui m’ont fait perdre énormément de poids. Je n’arrivais plus à m’alimenter. Le seul moyen de garder un repas était de prendre des médicaments pour les personnes ayant des chimio. Niveau culpabilité on est au max. Puis ce ventre qui ne voulait pas sortir, comme si tu étais encore mon secret. Mais je crois que mon corps avait compris que j’avais peur du regard des autres. J’avais peur qu’on me juge comme la connasse fertile alors que je ne l’étais pas. Comme j’ai pu juger moi aussi en voyant les femmes enceintes dans la rue et que je pestais comme une dingue tout en changeant de trottoir et en me forçant à ne pas regarder leur ventre. Bon, tu me diras, au final, une fois que j’ai décidé de vivre pleinement ma grossesse parce que je l’avais mérité, je ressemblais à une énorme baleine. Et j’aimais ça! Mais avoir été malade durant 9 mois pleins, n’a pas été simple. Surtout quand des grognasses te font – ou du moins essayent – culpabiliser. Quand l’infirmière des urgences te jette en pleine face que tu n’as pas vraiment voulu être enceinte. Alors que tu viens de te taper 6 ans de PMA. C’est dur. Et j’ai peur de revivre ça. En ayant en plus, un bout’chou dans les bras – ou dans les pattes.

Et puis il y a eu l’accouchement. Des heures et des heures de travail. trente-six heures. C’est pas humain. Sans péridurale. Pour finir avec une épisiotomie et des forceps. Tu n’as pas été cette vague d’amour que plusieurs femmes disent avoir eu en ayant leur bébé dans les bras. Tu as été CE bébé que j’ai attendu. Mais j’étais au bout du rouleau. J’étais épuisée car ça faisait deux nuits que je n’avais pas fermé l’oeil.. La poussée a été longue. Mon corps a souffert. Je n’avais qu’une envie : DORMIR. On t’a posé sur mon corps nu. On a fait du peau à peau. Je t’ai remercié d’être là. De t’être battu jusqu’au bout. Tu es vaillant. Je ne doutais pas de toi, mon petit J5. Pourtant, malgré ça, j’ai eu envie de t’abandonner dans ce berceau d’Hôpital. Tu as du m’entendre te dire combien j’étais contente que tu sois là. ENFIN là.. Tu as aussi du m’entendre dire à la sage-femme, le lendemain de l’accouchement que je voulais partir. Que je n’arrivais pas à t’aimer comme je le voulais. J’ai fait ma valise. Elle a appelé ton papa, qui a dormi avec nous dans la chambre durant tout le séjour. Dans un pauvre fauteuil. Maintenant j’en rigole. Mais c’est tellement dur ce bouleversement hormonal.

Et puis les pleurs. On nous préviens sur le syndrôme du bébé secoué. C’est pas des conneries. Les pleurs peuvent faire vriller. J’ai failli aller voir la voisine en larmes tellement je n’arrivais pas à te calmer. L’écharpe, le portage, te câliner, te mettre au sein…rien ne fonctionnait. J’étais seule. Désemparée. J’ai du te laisser crier 10 minutes – les dix minutes les plus longues de toute ma vie de jeune maman – pour ne pas craquer. Ne pas vriller. Je n’arrivais même plus à penser. Et je regrette. Je regrette tellement de t’avoir laissé dans ton berceau, sans arriver à déchiffrer ce besoin de t’endormir dans le lit parental plutôt que dans cette « cage ».

L’allaitement a été une révélation pour moi. Je me souviens avoir eu beaucoup de préjugés sur les femmes allaitantes. Des préjugés sans doute ayant émaner de ma mère. Mais quand cette sage-femme t’as mis sur moi, que tu es allée chercher toi-même mon sein, j’ai trouvé ça ouf. J’ai même cru à des hallucinations tant mon niveau de fatigue était extrême. Et puis cette sensation de ta petite bouche, enroulant mon mamelon… c’était magique. Mais la magie n’a duré qu’un temps. De retour en chambre, j’avais très mal. Je voyais du sang dans tes urines. Je voyais du sang sur mes tétons. Une étudiante m’apprendra que je vais pouvoir réduire mes douleurs en mettant des bouts de sein en silicone. Grossière erreur que j’ai faite. A part diminuer méchamment ma lactation et te priver d’une bonne dose de lait, ça n’a pas servi à grand-chose. Tu ne prenais pas autant de poids qu’il aurait fallu. Pourtant, quand je tirais mon lait telle une vache laitière, j’avais de quoi fournir un lactarium. Mais au sein, tu mourrais de faim. C’est bien plus tard, grâce à une conseillère en lactation IBLC qu’on découvra que tu as eu un frein de langue. Malheureusement, même coupé, il est revenu et l’allaitement devenait une corvée. Je passais mes heures allongées sur le canapé, toi au sein, et moi souffrant le martyre. C’est avec énormément de culpabilité que nous sommes passés au biberon. Mais nous avons réussi à trouver un équilibre. Mais tu sais, encore maintenant, je regrette énormément de ne plus t’avoir au sein. Parfois, je vois des bambins boire le lait maternel et j’ai les boules; Mais je sais que durant 5 mois, même si j’ai du serrer très fort les dents et être méga patiente parce que tu étais accroché aux seins, je t’ai donné le meilleur de moi-même. J’en veux juste à mon corps de n’avoir pas su gérer cette partie là. J’ai galérer à te donner la vie. J’ai même galérer à te nourrir. J’ai un véritable pincement au coeur en y repensant. En voyant nos photos, collés l’un à l’autre. Je râlais beaucoup, parce que on va pas s’mentir, tu étais quand même un sacré tétouilleur. Parfois, je m’installais sur le canapé, et ça pouvait durer toute la matinée. Idem l’aprem. J’ai jamais autant regardé la TV que pendant cette période. Mais ça me manque. Tes petits bruits, tes doigts glissant sur ma peau…je suis désolée de n’avoir pas pu aller plus loin dans cette magnifique expérience de l’or blanc. Je t’assure que j’ai fait au mieux. Et je sais que ça te perturbe pas plus que ça. Les biberons sont toute ta vie. Mais je ne peux m’empêcher de croire que je t’ai privé du meilleur. C’est con je sais. Ne me juge pas.

La fatigue a pris le dessus. Tu étais un bébé qui ne pouvait pas dormir seul. Il te fallait une présence. Pas obligatoirement la mienne quoique parfois…Tu n’as jamais voulu dormir dans un lit à barreau. la cage, comme on aime si bien en parler. Moi qui était très contente de monter mon lit de quand j’étais bébé. C’était loupé. Notre sexualité en a pris un coup. Pas uniquement à cause de toi je te rassure, mais c’est vrai que forniquer à côté d’un nourisson, ça donne pas envie hein on va pas se mentir. Alors on a décidé de te passer au lit au sol. Et là quelle joie. A 6 mois tu faisais dodo dedans. Mais notre présence était obligatoire. Alors on passait des heures à t’endormir le soir. A rester allonger à côté de toi. On rentrait du boulot explosé. On priait pour que l’endormissement se passe vite et sans larmes. Mais pour ça, il fallait rester 1h minimum, 3 h maximum à te parler, te toucher, te rassurer. On a jamais vraiment compris, mais c’est très dur. Quand tes amies te disent qu’elles ont juste à poser leur enfant et qu’elles peuvent profiter de leurs soirées, toi tu es assisse, à essayer d’endormir ton enfant et tu te demandes très souvent ce que tu as loupé. D’ailleurs, c’est drôle parce que beaucoup de personne dans mon entourage pensait que c’était l’allaitement qui générait ce problème. Sauf que quand nous sommes passés au biberon, ça a continué. Comme quoi, il suffit pas d’un bib’ pour faire dormir un mioche! J’étais tellement au bout de ma vie que j’ai testé énormément de chose. J’en parlerais dans un autre article, ça pourra te faire sourire. Plusieurs personnes m’ont dit que c’était de notre faute si tu n’arrivais pas à t’endormir seul. Parce qu’on ne te laissait pas dans un lit, à pleurer. Seul. Je me demande si ces mêmes personnes dorment seules ? Et quand elles sont tristes, peur ou en demandent, est-ce que quelqu’un leur répond ? Pardon d’avoir douté de mes capacités. D’avoir vrillé certains soirs, complètement morte de fatigue et dépassée par tout ce qu’il restait à faire dans la maison.

Ton éducation parfois fait parler. Nous avons décidé de t’élever sans violences. Elles n’apportent rien si ce n’est des traumatismes et des séquelles. Je sais de quoi je parle. Mon père était violent verbalement. Parfois, j’en viens à me dénigrer toute seule. Et ma mère a passé – et d’ailleurs passe encore – une bonne partie de son temps à crier (hurler ?!) me rendant ainsi sensible (aux bruits). Nous avons décidé de ne pas te laisser pleurer. Même pas chouiner. Parce que tu n’es pas capable de parler et que si tu pleures / chouines, c’est que tu as un besoin. Le terme caprice n’existe pas pour un bébé. Nous employons le mot colère. Parce que tu as le droit de ne pas être content quand nous te disons non. Mais les gens nous reprennent souvent, disant de toi que tu es capricieux. Nous savons bien que non. Tu as un sacré caractère, et tu as bien raison de montrer tes avis et tes besoins. Alors c’est nous qui reprenons les gens. Qui se lancent dans des débats que nous n’écoutons même plus. Nous utilisons, à juste titre la méthode Montessori et Filliozat. Je n’ai pas envie de reproduire les erreurs de mes parents et pour le moment, ça fonctionne plutôt bien avec toi. Il m’arrive parfois de grogner. Je ne devrais pas, mais la fatigue prend le dessus. Alors je te demande pardon.

Je suis désolée. Je suis désolée d’apprendre avec toi. Mais parait-il qu’on ne naît pas maman. On le devient. Je suis désolée de ne pas toujours être à la hauteur. Mais surtout, à ta hauteur. Je suis désolée de ne pas toujours comprendre tes besoins, tout de suite. J’apprends de jour en jour, et j’espère qu’un jour, tu me diras combien j’ai été « mère-veilleuse ».

J’espère que tu ne m’en veux pas de reprendre le chemin de la PMA. J’ai souvent peur que tu penses que je vais te délaisser. Te mettre de côté. Pire encore, que tu penses que je ne me satisfait pas de toi. Je ne sais pas expliquer cela. J’ai une peur de l’abandon liée à mon enfance, à mon histoire. Je ne sais que c’est un travail à faire. les gens autour de moi me disent que si ça fonctionne, mon amour va se multiplier. je leur fais confiance. Et puis, à l’inverse, j’ai peur de ne pas réussir à agrandir notre famille. J’ai peur que tu me poses la question du petit frère ou de la petite soeur et de ne pas savoir quoi te répondre. Même si à l’heure où j’écris ses lignes, nous avons encore 4 petits pingouins au congélateur.

Sache que je t’aime. Je t’aime si fort. Il m’aura fallu du temps pour te découvrir. Mais … tu es ma plus belle réussite.

Il parait que c’est Ok de craquer. Il parait même que c’est normal. Un enfant, c’est du bonheur, mais c’est fatiguant.

Et pour finir sur une jolie note, je t’invite à cliquer ici.

Ma vie de maman

1 an

J’ai l’impression que je vous ai annoncé mon accouchement hier et pourtant…

L’Etincelle a souffé sa première bougie le 13 avril dernier.

Déjà!

C’est un petit garçon de 85 cm. Il a 9 dents et mange tout seul en mettant la moitié de son repas au sol, comme un grand.

Il nous a fait la joie de faire ses premiers pas quelques jours avant son anniversaire. Il s’est décidé à marcher la veille. J’ai eu le privilège d’assister à ça, et je peux vous dire que je suis très fière. Merci le confinement!

Il signe « encore » « manger » « eau » « musique » « caca » « bonjour » « au revoir »  » bravo »  » bisous ».

Sa passion dans la vie : nous faire chier ! Bon OK j’exagère! Il adore être collé à nous. Enfin, à moi plus particulièrement. C’est ma super glue. Impossible d’aller aux toilettes ou ailleurs …sans avoir ce petit être qui m’accompagne. Même pour le dodo, c’est tout un calvaire rituel. Mais je reviendrai dessus bientôt. Si ça peut aider…

Il adore attraper la queue de la chatte. La chatte l’animal. Il va sans dire. Parce que je veux bien qu’il m’accompagne aux toilettes m’enfin…il y a des limites… [putain, je me trouve drôle mais on va dire que c’est le manque de sommeil qui fait ça …]

Il surkiffe la manette de la console de jeu de son papa. Et essayer de mettre le casque sur la tête. Et prendre le téléphone fixe et dire « alloo ».

Il passe son temps à sourire. Ou à râler. Mais plus à sourire que râler.

Nous continuons le cododo (parfois), le portage (très souvent). On est à fond dans le maternage. Ca vaut de belles RALCS mais qu’est ce qu’on s’en branle fou!!!

Mon salon ressemble à un magasin de jouets. Il y en a partout. Partout partout partout.

J’ai laissé la PMA derrière moi / nous. Les années d’attente. De traitement…

Sa présence me fait oublier. Chaque jour je lui dis merci d’être là.

Notre couple a morflé en un an. Combien de fois Mr Souris a failli avoir la machoire explosé tant j’avais envie de lui foutre mon poing dans le visage ? Combien de fois je me suis enfermée dans ma salle de bain pour souffler? Combien de fois j’ai pensé à prendre ma valise et me barrer. Je ne compte plus. Parce que même si un enfant est la plus belle chose qu’il peut arriver – quand celui-ci est désiré – c’est aussi un tsunami qui vient faire valser notre petit quotidien. Le manque cruel de sommeil n’aide pas. Mais on a réussi. On a réussi à trouver un équilibre. Notre équilibre.

Je les aime d’un amour éternel.

 

Joyeux anniversaire mon bébé

Ma vie de maman

Le mot magique

Ces petits cheveux blonds vénitiens bouclés. Ses petits yeux gris vert. Ses petites mains qui nous agrippent fort quand il ne se sent pas en sécurité. Ses petits petons qui ont le droit à des bisous à chaque changement de couche. Les mêmes petits petons qui le font tenir debout à présent. Des larmes. Mais énormément de sourires et d’éclats de rire.Et puis, des syllabes sortent de sa bouche. Un vrai bavard.

Avec tout ça, j’aurai presque oubliè ce que je suis devenue le 13 avril 2019.

L’Etincelle me l’a rappelé le 04 février 2020.

Il a prononcé que j’attendais depuis des années.

Bras tendu vers moi, il a prononcé MAMAN.

Je suis sa maman.

J’ai beugué. Je l’ai regardé. Les bras ballants, je n’ai plus osé bougé. Et puis, d’un coup, mon cerveau a enfin compris que c’était moi que ce petit être appelait. Mon petit coeur a dégouliné de bonheur.

Bon, cet petit enflure ne prononce que ce mot uniquement quand il a besoin d’aide. Mais je m’en fou.

Mon petit cœur dégouline d’amour 🥰

 

 

 

Ma vie de maman

La moitié d’un an

6 mois.

La moitié d’une année.

Plus les jours passent, et plus je n’imagine pas ma vie sans lui.

C’est pas facile tous les jours. On va pas se mentir.  Souvent nos nuits sont hâchées parce qu’il ne fait pas « ses nuits ». « Ses nuits »…terme un peu spécial entendons nous bien pour dire qu’on aimerait bien qu’il dorme sur notre tranche horaire de dodo. Mais on a pas toujours ce qu’on veut dans la vie hein…Mais ça reste rigolo quand les gens voient nos têtes et vont de leur propre conseil. A croire que c’est eux qui sont obligés de réconforter un bébé dans la nuit. Ils sont drôles. Mais  qu’est-ce que ça peut bien te foutre si je te dis que je me leve à 1h du matin parce que l’Etincelle veut un calin?!…j’en ai rêvé pendant 6 an!!. Bon, un peu moins du réveil à 3h du mat’ parce que la crapule à décidé que c’était une heure pour jouer. Oui oui…3h du matin, on joue…jusqu’à 5h, pour se lever ensuite à 6h30 et avoir pitié du petit qui s’est finalement endormi dans notre lit…pour finalement se mettre à la bourre. Mais faut m’expliquer qu’est ce que ça peut foutre aux gens ?!

A quatre mois, l’Etincelle a eu les dents dents du bas. J’te raconte pas l’Euphorie à la barraque. A six mois, il nous fait les dents du haut.

A quatre mois, on a commencé la diversification. Que des légumes le midi, et la compote au gouter. En gardant le bib évidemment ! (petit clin d’oeil à ma counasse de pédiatre qui voulait que je supprime tout ça…heureusement copine p’tit Loup a une pédiatre en or et que j’ai pu tout recopier ). A six mois, on continue le midi avec les légumes mais on a rajouté de la viande. Et à la place du bib, on lui fait manger un petit yaourt nature et du kiri. Il adore le kiriiii (dédicasse à Lettie – le kiri…c’est la viiiiiie). Au gouter, le bib et la compote ça lui va parfaitement. Et trop fière de moi, j’ai réussi à lui donner que 2 petits pots du commerce. Je forme une équipe formidable avec mon thermomix (Lui aussi c’est la viiiie)

A quatre mois, il s’en foutait royal des autres enfants allongés à côté de lui sur le tapis d’éveil. Psychota peut témoigner. Quand son Everest rigolait à la vue de l’Etincelle, L’Etincelle elle…en avait rien à foutre. A six mois, il interagit avec les copains chez l’ass mat. J’vous dis pas le bonheur quand je reçois les photos de tous les enfants ensemble.

A quatre mois, il commençait à se retourner. A six mois, il nous fait des recto-verso et s’assoit même sur une chaise haute. Il essaie de lever ses fesses pour avancer mais il a pas saisi le truc. On perd pas espoir :D…

Bref, je pourrai passer des heures et des heures à parler des différences depuis ses quatre mois tellement il a évolué à une vitesse folle.

Six mois. Putain.

J’me souviens comment le temps me semblait si long en PMA.

Aujourd’hui, le temps file. Défile.

Depuis la naissance, je prends minimum une photo de lui par jour. Le choc quand je regarde sa petite frimousse d’avant à maintenant. Il ne ressemble plus à un bébé. C’est un vrai petit mec, dont les traits de son visage se dessinent de plus en plus.

J’te parle même pas de son caractère. On sait qui est sa mère…Il sait exprimer son mécontentement celui la.

Des régurgitations. Des nuits compliquées. De la fièvre. Des maladies infantiles. Des cris. Des pleurs. Des larmes.Des tirages de cheveux (sa nouvelle passion). Des rires. Des éclats de rire. Des gazouillis. Des histoires avant le coucher. Des comptines pour apaiser. Du cododo. Du portage à gogo.  Et pleins d’amour.

Tellement d’amour…

 

 

 

Non classé

Tout jeter

L’Etincelle est chez son assistante maternelle.

Au lieu de me reposer, j’ai décidé de faire du rangement / desemcombrement / ménage dans l’appartement.

J’attaque le dressing. Je tombe sur une grosse pile de fringues d’été ( dire que je venais récemment de faire le tri de mes fringues) à me débarrasser. Derrière cette pile, une énorme pochette.

Le gros dossier PMA. Celui que nous avons traîné pendant 5 longues années.

J’ai tout déchiqueté. En tout petits morceaux. Même les examens IRM & CO. Avec une réelle satisfaction.

Je n’ai pas repris la pilule. Je ne la prendrai pas.

Et je ne veux plus jamais voir cette pochette jaune. Ça tombe bien, elle est partie au recyclage !

 

Ma vie de maman

Les ass’mat’.

Nous avons reçu début juillet un courrier de la Mairie nous informant que nous l’avions pas de place en crèche. 900 berceaux et une bonne majorité de refus dans la ville. Je rigole encore en pensant à ce que les gens me disaient lorsque j’étais enceinte :  » ah trop bien, tu as bien choisi le mois de conception, comme ça en septembre tu auras ta place tranquille à la crèche ». Bandes de cons va! Du coup, je vais pas vous cacher que c’était complétement la panique. Faut faire quoi quand tu reçois ce courrier, alors que tu t’es absolument pas renseignée sur les autres modes de garde parce que la connasse de la Mairie arrêtait pas de te rabâcher que la place en crèche, tu allais l’avoir… et qu’on est en pleines vacances scolaires ? On a finalement opté pour un rendez-vous auprès du RAM et qu’est ce que j’ai rigolé. Oui parce que moi, dans le monde des piou-piou, je m’imaginais que j’allais avoir une liste d’assistance maternelle actualisée au possible et dans mon quartier. Mais dans le monde réel – allez Souris, redescend un peu de ton nuage bordel – j’ai bien eu une liste. Presque actualisée mais pas tout à fait.

La liste faisait une bonne trentaine de pages. A croire que dans ma ville, les nanas ont toutes décidés de faire ce métier. Bref. Je selectionne mon quartier. Il y en a une bonne vingtaine. J’appelle. Echec 1…Echec 2…Echec 3…bref…Echec 20. Une m’a potentiellement dit oui, mais le fait que l’Etincelle ne marche pas ne l’emballait pas vraiment  – J’ai pourtant essayé de le faire marcher cet enfant, parce qu’à force de le porter, j’ai plus de dos moi voyez-vous! ». Elle me dit qu’elle réfléchira…Je la laisse…réfléchir. Et j’engueule l’Etincelle de pas savoir marcher à 3 mois de vie!

Squares. Endroit où tu as pleins d’assistantes maternelles qui s’occupent -ou ne s’occupent pas – des gosses. A la culot, je vais en voir une que j’avais repéré quelques jours auparavant et qui s’occupe à la perfection des enfants qu’elle garde : 1 bébé et 2 petites filles. En discutant avec elle, je m’aperçois que c’est la dame qui veut un enfant qui marche. Elle accepte tout de même un entretien – même si l’Etincelle marche toujours pas. Le courant match pas. Elle est froide. Son appartement n’est pas rempli de jouets. Elle ne fait pas beaucoup d’activités avec les enfants. Le seul avantage qu’elle a : elle est dans ma rue, à 2 min à pieds de ma résidence. Elle me dit qu’elle va (encore) réfléchir. Je lui dis de pas se casser la tête. J’ai pas envie d’aller bosser en me disant que parce que l’Etincelle marche pas, elle va pas s’en occuper comme il faudrait.

La dame du RAM nous avait dit de passer uniquement 3 entretiens max. J’ai rencontré en tout 5 assistantes maternelles.

  • La premiere, celle recemment citée.
  • La deuxième : Dans ma rue également, même résidence que la première. A l’époque, j’allaitais encore. L’Etincelle tétait à 13h00. Sauf que chez la dame, 13h00, c’était l’heure de mettre les enfants à la sieste. Même les bébés. Et même les bébés qui mangeait à 13h00. « Tant pis, il mangera mieux au gouter ». Muahaha. Que j’ai ri! Je rigole encore tiens! C’était déjà cuit. J’ai quand même continué l’entretien. Les enfants -qui ne marchaient pas – étaient mis systématiquement dans un transat ou bien un parc d’éveil. Pratiquant la motricité libre à fond, c’était juste hors de question pour moi de mettre mon Etincelle dans une prison à barreaux où de l’empêcher d’être libre de ses mouvements.
  • La troisième : Ville à côté de chez moi. Trente minutes de marche avec une côte de la mort qui tue rien que de la voir. Cité HLM. Des escaliers avant d’accéder à l’ascenceur. Mais pas de « pente » pour monter la poussette. Une vraie galère. L’intérieur est neutre. Pas de déco. Le stricte minimum pour vivre. Je sens pas vraiment l’entretien mais je lui laisse sa chance quand même. On sait jamais. Elel nous explique une journée type : Arrivée de l’enfant – dodo – TV pour récompenser l’enfant d’avoir été au dodo – repas – dodo – TV pour récompenser l’enfant d’avoir été au dodo. Je lui ai fais répété plusieurs fois pour la TV. Oui oui…vous ne rêvez donc pas. Même les bébés ont le droit de regarder la TV . On dira pas au Conseil Supérieur de l’Audiovisuel que les pubs comme quoi la TV pour les enfants de -3 ans c’est déconseillé est has been..
  • La quatrième : Trente minutes de marche avec une côte de la mort qui tue rien que de la voir. Femme adorable avec une joie de vivre communicatif. Des jouets partout. Mais vraiment partout. Elle pratique la LFS et n’est pas contre les couches lavables. On ressort de l’entretien en joie.

Et puis…

  • La cinquième:  Une de ces collègues ass’mat’ a eu mes coordonnées sur le site nounou-top. Elle les lui a transmis. On s’est entretenu au téléphone 1h30 pendant la sieste des enfants qu’elle gardait. Un coup de coeur téléphonique. Pour pas avoir de regret, je décide de fixer rendez-vous avec Mr Souris le lendemain. L’appartement est propre. Des jouets absoluments partout. Son appart est aménagé uniquement pour les enfants. Sa vie de famille passe en 2d plan. Des tapis de motricité partout dans son immense salon. A l’entrée des photos des enfants qu’elle a gardé où qu’elle garde. Des jouets aussi. Puis des casiers pour les affaires des petits. Et puis des affiches éducatives comme le temps qu’il fait aujourd’hui…ou les fruits et les légumes qu’ils vont manger…bref, une école dans un appart’. Mes yeux brillent. Pendant l’entretien, elle se confie un peu. Elle a mis du temps à avoir ses enfants. Elle a fait 3 fausses couches, dont 2 à 5 et 6 mois de grossesse. Pour elle, les enfants, les siens où ceux des autres sont des trésors. Elle se cale en fonction de leur rythme…essaie de les faire évoluer. Elle sort un max aussi avec 2 autres assistantes maternelles ce qui fait un joli groupe de bambin. Elle apprend la LFS et n’est pas contre le fait d’essayer les couches lavables. L’Etincelle ne s’endort que dans mes bras depuis toujours. Là, elle a voulu lui donner le bib. Il a absolument pas chouiné. Il a fait ses rots et s’est endormi paisiblement dans le creux de ses bras. Comme pour nous, il s’est senti en confiance.

C’est donc la cinquième assistantes maternelles que nous avons sélectionnés.

Un lundi, je devais rapporter le nécessaire à l’ass mat. On a décidé de se rencarder dans un parc avec ses collègues. L’Etincelle n’arrêtait pas de lui sourire. Elle l’a repris dans les bras et lui a raconté tout ce qu’ils allaient faire ensemble avec les copains dès qu’il viendrait chez elle. J’ai eu comme une crise de panique. La séparation avec mon bébé était imminente. J’étais pas prête. J’ai fondu en larmes. Une inconnue allait voir mon enfant plus que moi dans la journée. Dans la semaine. Elle allait le faire évoluer. Le voir évoluer. J’avais les boules.

L’adaptation de l’Etincelle a eu lieu plus tôt que prévu. Les trois premiers jours, il ne restait chez elle que 1 à 2h. Je n’avais pas le temps de rentrer à la maison, alors je trainais dans son quartier, avec Mr Souris. Mais le jour où j’ai du rentrer, j’ai cru que j’allais aller courir chercher mon bébé d’urgence. J’étais morte de fatigue mais impossible de dormir. Ce silence. Ce vide. Il me manquait horriblement.  Je me suis trimballée dans mon appart avec son bavoir et je sniffais son doudou à plein nez tout en pleurant. La grande classe.

Depuis ça va mieux. Je n’ai pas repris le chemin du travail – 1 an et demi après la reprise va être rude – mais je confie l’Etincelle à l’ass mat pour qu’il puisse jouer avec ses copains et que je puisse me reposer.

Elle a réussi en 2 jours à lui virer la tétine. Autant vous dire chez elle c’était easy, à la maison c’était autre chose. Mais avec de la persévérance, L’Etincelle n’a plus de tétine dans la bouche. Même pour faire de gros dodos. Je suis donc joie.

Au final, je ne regrette absolument pas de ne pas avoir eu de place en crèche. Je laisse un petit garçon souriant quand il voit elle ou ses copains. Et je le récupère crevé de sa journée.

 

 

Non classé

3

Trois.

C’est le nombre d’ordonnances pour une pilule contraceptive qui traîne dans mon sac à main à langer.

À chaque fois que je passe à la pharmacie, je sais qu’il faudrait que je prenne une pilule avec le reste des médicaments, au moins pour faire dormir les crises d’endometriose. Mais à chaque fois aussi, je pense à nos 5 ans de PMA. A toutes les fois où je suis allée chercher mes traitements pour avoir un bébé. A ce que la pilule pourrait empêcher si un miracle se produisait. Oui. Parce que même des années plus tard, comme une conne je crois encore au miracle. Depuis mon retour de couche, j’ai mal quand mes règles sont là.

Alors je me demande… dans quel état je serais si ma FIV 3 avait été un échec ? Si aucun embryon avait décidé de s’accrocher ? Et Mr Souris ? Et notre couple ? Et puis je balaie ses questions d’un revers de main.

On ne parle plus PMA à la maison. On a pas oublié. On ne peut pas oublier qu’à 18h30, sur le canapé, devant un replay Mr Souris me piquait à la cuisse. Nos pleurs devant certains résultats où le vide dans l’appartement.

On ne parle plus PMA avec mes copines de galère. La plupart ont coupé contact quelques jours / semaines après la venue au monde de l’Etincelle. Et puis au final, peut être que ça me va très bien. Aurais-je pu soutenir, aider ou écouter en ayant le bonheur dans mes bras ? Sans continuer à ressasser  le passé médical parcouru? Je ne pense pas.  Pour celles qui sont restées, on avance. On se raconte les prouesses de nos merveilles. Et ô combien nous sommes heureuses.

Aujourd’hui, J1 est arrivé. Le retour des règles. J’ai mal au ventre. Très. Je peux même dire que je suis en PLS dans mon lit. Avec 3 ordonnances, je pourrai aller à la pharmacie pour commencer à gober une petite pilule dès ce soir. Au fond de moi, je n’en est pas envie. J’espère toujours le miracle de la vie. Même des années de PMA plus tard.

Ma vie de maman

Des retrouvailles pas si faciles…

On en parle peu. Voir pas du tout.

Est-ce que ça aussi c’est tabou? Parce que quand tu as ton bébé dans les bras, la société te demande -une fois de plus – de te la fermer. Bon, bah moi, comme je fais rien dans les normes de toute façon, je vais continuer de l’ouvrir. Puis de parler ce qui peut arriver une fois que tu accouches.

Pendant la grossesse, le bébé, par son poids appuie sur le périnée. Du coup, tu es susceptible d’avoir des fuites urinaires. Et là, toi qui te faisais une joie de ne plus porter de protection hygiénique pendant 9 mois, tu te retrouves avec des protections pour incontinences. La joie.

Quelques jours / heures après l’accouchement, tu te retrouves à ne plus avoir envie d’uriner. Ça bloque. Alors avec un peu de  malchance, tu te retrouves sonder pour évacuer ton urine afin que tes reins ne soient pas noyés. La joie (bis).

Et puis tu rentres chez toi. Et là, tu peux te retrouver à te pisser dessus. Sans t’en rendre compte. Tu portes bébé : Tu pisses. Tu marches : Tu pisses. Tu t’accroupis  : Tu pisses…Bref, quoique tu fasses, tu te pisses dessus. Alors j’ai relativisé. Beaucoup. Je me suis dis que j’étais vachement grosse sur la fin de grossesse. Que mon périnée avait quand même bien pris cher avant l’accouchement et que l’accouchement par voie basse l’avait pas aidé du tout. Puis quand je suis rentrée d’une balade en voiture et que je me suis retrouvée avec une robe trempée au cul…je me suis dis que là c’était plus possible. J’ai dévalisé le rayon de serviette pour fuites urinaires et j’ai fait des croix à mon calendrier jusqu’à la date officielle où je pouvais commencer mes séances de périnée.

Avant de commencer la rééducation du périnée, on nous recommande lors de cours de préparation à l’accouchement de faire une séance d’ostéopathie. Mon ostéo étant en vacances, je prends RDV avec celle de Mr Souris. La grossesse m’a abimé. J’ai le dos en compote. L’accouchement m’a achevé : Tout est déplacé. Elle passe beaucoup de temps sur mon petit corps et me recommande des sages-femmes et des kinés pour ma rééducation.

J’ai longtemps entendu du bien de la rééducation du périnée faite avec une sage-femme et puis comme je voulais aussi faire mon suivi post accouchement en même temps je me suis dis que c’était le bon plan. J’ai donc pris un RDV avec la première sage-femme de sa liste et non loin de chez moi.

Elle est jeune. Très jeune. Pas souriante. Comme indiqué sur Doctolib, il faut ramener son compte rendu d’accouchement et de grossesse. Alors je ramène les documents. Et là, je m’en suis prise plein la gueule. Pourquoi la PMA ? Y’avait bien une autre façon de procéder…(ah ?!) – Pourquoi j’ai pas pris la péridurale avant ..et blablablablabla…puis elle me parle pilule. Il faut absolument que je reprenne une contraception parce que « un accident est si vite arrivé ». Donc, elle considère qu’après 5 ans de PMA, si tu arrives à avoir une grossesse miracle, cela s’appelle un accident…on est bien les gars on est bien…Elle m’invite à passer de l’autre côté. Et à enlever ma culotte. Crispée, je lui explique que la zone inférieure à mon ventre est compliquée à gérer pour moi. La faute aux forceps dont j’ai vu l’acte de A à Z car l’équipe de l’Hôpital n’a pas eu le temps de camoufler avec un drap et de l’épisio qui m’a fait des points de sutures dont la cicatrisation a du mal à se faire. Elle me regarde et me dit que de toute façon, je n’ai pas le choix, qu’il faut qu’elle fasse un toucher vaginal. Je fonds en larmes. Evidemment. Mr Souris n’a pas le droit de me toucher, et je dois laisser faire une étrangère parce que je n’ai pas le choix… OK. Elle n’attend même pas que je sois prête, elle met ses doigts et me demande de contracter mon périnée. Je prends sur moi. Je serre les dents. Elle fait son compte rendu et me dit que c’est une catastrophe. Les mots ne sont dits avec aucune délicatesse. Je rentre chez moi en larme, avec une ordonnance pour une sonde vaginale.

1 semaine plus tard, le deuxième rendez-vous est une catastrophe. Pas d’autres choix que d’y aller avec l’Etincelle. Elle me rassure en me disant qu’elle s’en occupera s’il chouine. OK. Toujours pas prête à m’insérer quelque chose de moi même dans le vagin, je lui demande si elle peut insérer la sonde. Gros soupir de sa part. Frustration de la mienne. Je suis encore à deux doigts de pleurer. J’en suis à la limite de me dire que c’est peut-être pas normal d’être dans cet état après l’accouchement. Et elle a du lire dans mes pensées car elle me conseille d’aller voir un sexologue. Pas besoin…je lui réponds juste que j’ai quand même eu un accouchement compliqué et que j’ai juste besoin de me réapproprier mon corps. Elle re souffle et m’insére la sonde. M’explique que je vais ressentir des petits fourmillements pendant 20 mins. Puis elle se barre. De l’autre côté du paravent, me laissant avec ma sonde dans le vagin qui m’envoie des petites ondes et un bébé qui hurle parce qu’il veut pas être dans son fucking transat ( on pratique la motricité libre depuis le début et l’Etincelle n’a jamais été dans un truc comme ça) ce qui me fait être à un stress +++. Au bout des 20 mins, elle me dit – toujours de l’autre côté du paravent – que je peux enlever la sonde. Quand je récupére bébé Etincelle rouge de colère, je vois la sage-femme posée à son bureau, en train de chatter avec des copines à elle. Je suis joie. Je rentre énervée à la maison. J’ai annulé absolument tous les rendez-vous de rééducation avec elle.

Et je me suis de nouveau retrouvée encore une fois devant la liste de l’ostéo. Alors là j’ai opté pour un kiné. Et mon Dieu…comme j’ai bien fait.

Elle est jeune. La trentaine mais proche quarantaine. Il faut aussi venir avec un dossier. Mais à contrario de la sage-femme, elle prend le temps et opte pour une approche en douceur. Je suis absolument pas prête pour un autre toucher vaginal. Elle le voit. Alors elle me donne des exercices à faire à la maison. Sans me mettre la pression et me cale les rendez-vous des prochaines séances en m’informant que si je le sens pas, il faut absolument que j’annule.

Quelques jours plus tard, me voilà allongée sur une table d’examen. Sans ma culotte. Avec une sonde entre les jambes, à faire courir un petit lapin qui doit manger des légumes qui se trouvent en haut d’une courbe ( et il faut donc contracter le périnée) et manger les légumes en bas de la courbe (et là il faut relâcher). Après vérification, mon périnée est hyper méga contractée. Il se relâche pas. Alors j’ai consigne de me masser le périnée. Et d’acheter le souffleur de la méthode Guillarme pour la rééducation abdominale parce que ça sert aussi pour le périnée.

Au fil des séances, on voit l’amélioration. Après pas moins d’une dizaine de séances avec mon ami le lapin (je préférai que celui-là je sais pas trop pourquoi), j’ai réussi à avoir des tissus même si je suis pas encore tout à fait dans la norme et que je sais qu’au retour de vacances, je vais avoir le droit à quelques séances en plus.

Cependant, je vais pouvoir commencer ma rééducation abdominale. Parce que même si je suis partie d’un poids de 45kilos avant la grossesse, que j’ai pris pas moins de 20 kilos et que j’ai tout perdu illico presto, mon ventre a perdu clairement de sa tonicité. Je cherche mes abdos quoi. La kiné m’a expliqué qu’ils n’étaient pas loin, que la grossesse les avaient « poussés ». Alors en attendant de commencer mes cours de pilate, moi qui était portée sur le physique niveau poids, j’oublie. Je prends sur moi et me trimballe avec ce petit pli sur le ventre. J’évite les pantalons, qui accentue le truc parce que clairement pour le moment, la taille 34 après un accouchement, tu oublies ou alors tu respires plus. Ça boudine quand tu as ce (fameux) petit pli.

Mais j’ai retrouvé mon périnée. Et ça, c’est magniiiiiiifiiiiquuuuue.

Je me pisse plus dessus \O/

Ma vie de maman

Le transfert du 18 juillet

Une robe noire -pour cacher la partie intime- avec des fleurs colorés pour moi.

Un polo blanc d’une célèbre marque et un jeans pour lui.

On s’est rendu en mode saoulé à la Clinique de la Muette de bon matin, sans savoir si le transfert aurait bien lieu ou pas vu que les informations ne circulent pas bien entre les services..

Bouteille d’eau à la main, j’ai bu ma grande bouteille d’eau tant bien que mal, remplissant par la même occasion ma vessie que j’ai envie d’aller vider illico presto dans la foulée.

Dans la salle d’attente, les couples se regardaient. S’apprivoisaient. Mais ne se parlaient pas. Pourtant, on sait tous que nous étions là pour la même chose: décrocher le Saint-Graal.

Hope est arrivée. Tout sourire. Suivie de près par la biologiste, qui nous a répété que l’embryon était très beau. Même discours que les autres fois sans garantie de résultat pourtant.

L’embryon brillait sur l’écran de l’ordinateur. On savait pas trop comment on allait le nommer celui-ci. Alors on a attendu que tout le monde sorte de la salle de transfert, et on a commencé à donner des noms à la con.

En voiture, j’ai positionné mon siège de manière à ce que je sois allongée. C’est con je sais, mais j’avais besoin de me dire que je faisais tout pour que l’embryon soit confort.

A la maison, j’ai abusivement abusé des audios de mon hypnothérapeute. Et j’ai écouté ses sages conseils quand elle me disait parler aux âmes. Un truc de tordu j’imagine si on sait pas trop de quoi ça parle, mais ça me faisait du bien de lui dire que j’étais prête à l’accueillir.  Qu’il n’avait plus qu’à se nicher maintenant. Que la moitié du boulot avait été fait. La, c’était easy. Que j’allais tout faire pour le rendre heureux s’il décidait de s’implanter. Que j’avais fait la paix avec mes démons intérieurs. Tout était ok dans ma vie, il ne manquait plus que lui.

Un an est passé.

Nous avons reçu dans la boîte aux lettres un courrier du laboratoire Eylau.

« Il faut payer » me dit Mr Souris. « Ce sont la conservation des embryons ».

Payons alors.

Parce qu’un an après, avec ma petite Etincelle dans le creux de mes bras je n’ai rien oublié de cette journée.

Je n’ai pas oublié comment j’étais habillée. Comment il était habillé. Les blagues de Dr Hope pour me détendre. Les encouragements et le petit SMS de l’hypnothérapeute. Les pensées des 2 seules personnes de notre entourage qui étaient au courant de ce transfert. Le stress. L’angoisse. La boule au ventre.

Parce qu’un an après, on sait encore la chance que nous avons eu d’avoir 6 blastocystes lors de la FIV 3, sans perte entre J1 et J5/6.

Nous savons la chance que nous avons de ne pas avoir tout à recommencer si jamais nous voulions agrandir notre famille.

Un an après, je regarde la photo de l’écran de l’échographie, et je me dis que c’est juste fou.

Le 18 juillet 2018, une petite Étincelle, sans le savoir, allait devenir un magnifique feu d’artifice quelques jours plus tard.