13 SG - 15 SA

hyperemesis gravidarum : Les nouvelles après une semaine de traitement

Après l’hospitalisation, c’est avec l’ordonnance que Mr Souris est parti à la pharmacie me prendre toute ma drogue pour éviter les vomissements. C’est donc trois anti vomitifs (un sous la langue / un dans le cul / et un à essayer d’avaler) que je gobe chaque jour, depuis une semaine.

Dès le lendemain, j’ai pu commencer à manger. Un petit déjeuner pour commencer. Léger. Puis, à midi, la sensation de faim – celle que j’ai perdu depuis quasiment deux mois – a fait son apparition. Le soir, je n’ai pas pu faire le repas, mais j’ai un peu mangé. Pour moi, c’était une première victoire. Mon estomac devait se réhabituer à manger / boire et à garder le tout.

Les jours d’après, une amélioration s’est faite sentir. J’ai pu reprendre un rythme « normal » : Petit déjeuner, déjeuner, goûter et dîner. L’impression de revivre. Même si l’envie des aliments n’était toujours pas retrouvée, je continuais à me forcer, en pensant fort à l’hospitalisation qui me pendait au nez si je ne reprenais pas du poids.

J’ai respecté tous les deux jours la pesée du matin, recommandée par l’hôpital. Chaque gramme en plus sur la balance me mettait en joie. J’ai reçu entre temps un mail de ma gynécologue, m’invitant à appeler le secrétariat pour prendre un rendez-vous afin de vérifier ladite prise de poids. Avec consigne de me rendre au rendez-vous avec, au minimum mon poids d’avant grossesse, soit 45 kilos. Si ce n’est pas le cas, l’hospitalisation me pend encore au nez. Mais j’ai bon espoir. Ce matin, la balance m’annonçait +4 kilos 200 grammes. Il me reste encore 3 « petits » kilos à prendre.Et surtout, mon but est de ne rien reperdre. Je commence à faire une obsession de la balance…

Je culpabilise beaucoup de devoir prendre des médicaments pour des personnes ayant une chimiothérapie. J’ai les boules de devoir avaler des traitements aussi fort alors que l’Étincelle se développe tranquillement. J’essaie de relativiser en me disant que je ne mets plus ma santé en danger. Et la sienne non plus – bien qu’il pompait dans le peu de réserve qu’il me restait. Pour le moment, de toute façon, sans les médicaments, je ne pourrai toujours pas manger. Ni boire. Alors pour le moment, on continue le traitement. Pas le choix.

Je voulais vous remercier pour votre bienveillance, dans vos commentaires de mon précédent article ou vos mails (auxquels je répondrai bientôt).

Merci à Lolly, qui a réussi à me faire déculpabiliser puisqu’elle écrit tellement bien que la grossesse, bien que désirée avec un parcours PMA n’est pas un paradis. Et qu’on a le droit de pas aimer être enceinte. Et de le regretter. Mais c’est pas parce qu’on veut pas d’enfant. Non non…c’est juste que certaines en bavent plus que d’autres. Voilà tout.

Pour celles qui pensent que même après un parcours PMA, on ne doit pas se plaindre puisqu’on a de la chance de vivre une grossesse, passez votre chemin. La grossesse, c’est pas pioupiou les oiseaux – en tout cas la mienne est loin d’être pioupiou depuis le début – et j’ai fait ce blog pour, comme celui de la PMA, gardez une trace de tout ça.

Que ça soit en mode positif ou négatif, je ne vais pas mâcher mes mots.

segolene commentaire blog
Je t’invite donc à ne pas venir me lire 🙂 – et à ne pas commenter avec ton vrai nom 😀

 

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12 SG - 14 SA

hyperemesis gravidarum : Du Paradis à l’enfer il n’y a qu’un pas.

Lorsque j’étais en parcours PMA, je râlais lorsque des femmes se plaignaient d’être nauséeuses ou d’avoir des vomissements. Moi, je rêvais d’avoir ses symptômes. Alors, quand les premières nausées sont apparues rapidement à la deuxième prise de sang, je souriais bêtement, penchée sur la cuvette des toilettes, Mr Souris à mes côtés. Je me disais que si j’avais les symptômes, c’est que tout allait bien. J’ai bien vite déchanté lorsque j’ai appris qu’on pouvait avoir tous les symptômes de grossesse sans que celle-ci soit évolutive. La gueule. Mais après avoir vérifié avec plusieurs échographies que tout allait bien pour l’Etincelle, j’ai pu souffler, et profiter des symptômes.

Sauf qu’un jour, les nausées et vomissements se sont accentués. Je suis passée de quelques nausées à une dizaine de vomissements par jour. De l’eau ? impossible de l’avaler. De la nourriture ? Rien ne me faisait envie, tout me dégoutait, la vie d’un aliment était un supplice. Et bien sûr, si j’osais l’avaler, dans les dix minutes qui suivaient, ma tête était dans la cuvette des toilettes, Mr Souris à mes côtés (again). Alors je l’ai signalé à Dr Hope qui m’a prescrit des médicaments aux gingembres. Mais il fallait les avaler. Donc, ils atterrissaient dans la cuvette des toilettes, avec le peu de nourriture qu’il me restait dans mon estomac.

Lors de l’échographie du premier trimestre, la consœur de la gynécologue m’a pesé. Je partais avec un poids de 45 kilos. Lors de ladite pesée, j’étais à 40 kilos 100. Elle m’a conseillé de manger ce que je pouvais. La seule chose qui passait c’était de la meringue. Sauf que la meringue, ça nourrit pas. Puis, on s’en lasse assez vite. Alors j’ai essayé les compotes. Mais ça n’a pas marché. Puis comme je mourais de soif, j’ai essayé les fruits, comme les raisins. Sauf que le raisin, c’est bon, quand tu le vomis pas. Parce que quand la peau ressort par la gorge, je peux te dire que moi personnellement, j’ai bien douillé. Alors j’ai passé, totalement désespérée une heure devant la télévision, à enlever les pépins et la peau de chaque raisin qui se trouvait sur ma grappe. En priant pour que mon estomac veuille bien garder ce petit encas. Ça peut laisser sourire, mais je vous assure, vraiment, l’enfer.

J’ai pensé ces dernières semaines à mettre fin à ce calvaire, en interrompant la grossesse. C’est moche de le penser, encore pire de l’écrire. Imaginer quand je l’ai dis à ma gynécologue le jour du rendez-vous d’aujourd’hui. Elle m’a regardé avec d’énormes yeux, complétement abasourdie par ce que je venais de dire. Parce que j’en ai chié avec la PMA pour avoir une grossesse. Je rêvais d’avoir des symptômes, mais pas d’avoir des vomissements aussi violents. Je vomis entre 10 et 20 fois par jours. Du sang parfois. Je suis incapable de me lever seule. Si je dois aller aux toilettes et que Mr Souris n’est pas là, je rampe. Je suis dégoutée par la nourriture. Rien ne me donne envie et je sélectionne les aliments que j’essaie d’avaler en fonction de comment ça va repasser dans ma gorge. Voyant que j’étais vraiment au plus mal psychologiquement, elle m’a demandé de me peser. 

-7 kilos au compteur. Je suis à 38.8 kilos. Une horreur. Je re pleure. Je suis faible. Maigre. Je suis fatiguée et j’aime pas être enceinte parce que je suis malade. Très malade. Elle m’explique alors que je dois absolument me faire hospitaliser, je souffre d’hyperemesis gravidarum (‘hyperémèse gravidique). Une lettre pour l’hôpital plus tard, et me voilà aux urgences, sous perfusion.

Il n’y a malheureusement rien à faire. Pour l’instant, je suis sous traitement. Zophren, –  un médicament qui fond dans la bouche –  que l’on donne aux personnes ayant des chimiothérapies pour qu’ils n’aient pas de vomissements; du primpéran en suppositoire (vu que je peux rien avaler faut bien le faire passer quelque part…) et d’autres médicaments. Je ressors avec un bon cocktail pour les prochains mois. Parce que bien sûr, le mythe de « ça va passer au 1er trimestre » c’est pas toujours vrai. Parfois, ça continue, jusqu’à la fin.

Je suis, encore une fois, du mauvais côté des statistiques.

Je suis malheureuse de vivre une grossesse où les sentiments de faire du mal à mon bébé et d’en avoir marre de souffrir sont mélangés.

Si dans une semaine je ne reprends pas de kilos, je suis bonne pour être hospitalisée, dans le noir, sous perfusion, pour une durée indéterminée.

 

 

12 SG - 14 SA

Les résultats de la trisomie 21

Il y a une semaine, j’ai reçu courrier du laboratoire Eylau m’indiquant que les résultats du test de trisomie 21 étaient envoyés chez la gynécologue.

Aujourd’hui a donc eu lieu le fameux rendez-vous avec la gynécologue. A peine arrivés, elle nous donne la feuille du laboratoire.

Risque : 1/5479

Elle en profite pour me faire une échographie. Elle nous détaille tout ce qu’elle voit à l’écran : la tête, les fesses, les bras croisés du foetus, les jambes…elle nous demande si nous souhaitons connaître le sexe. Nous déclinons. On a attendu 5 ans pour avoir un bébé, on peut bien attendre 6 mois pour connaître son secret.

L’Étincelle va bien. Très bien. Alors que moi, je vais mal. Très mal. L’échographie tourne en séance psychologique. Je me retrouve à son bureau, inconsolable. Elle ne comprend pas très bien ce que je raconte. Me dit que ça va passer… Seulement, quand Mr Souris s’en mêle, un chouia agacé et que la gynécologue vérifie par elle-même les informations, elle saute sur son fauteuil.

Elle prépare  un papier récapitulant mon état catastrophique résumé sur une feuille A4 et nous donne la consigne d’aller immédiatement à l’hôpital où je suis inscrite à la maternité.

La-bas, on mettra enfin un mot sur mes maux.

ENFIN.

 

10 SG - 12 SA·RALC(S)

RALC #2

Mr Souris et moi-même avons été invité à une fête familiale il y a quelques jours.

A cette soirée était invitée la femme de mon cousin renommée ici M. Celle qui a arrêté la pilule il y a cinq ans, en même temps que l’autre femme du frère de mon cousin (renommée C) et qui espérait fort être enceinte en même temps qu’elle. Malheureusement C a réussi à avoir une petite fille, qui a fêté récemment ses 4 ans, tandis que M a toujours le ventre vide.

Ayant moi-même été plusieurs fois invitée à des soirées où il y avait des femmes enceintes, j’ai jugé bon de prévenir les invités que je ne voulais absolument pas qu’on parle de ce qui se passait dans mon ventre – de toute façon, il n’y a pas grand chose à dire vu que l’Etincelle se développe sans me faire des signes – à cette soirée. Personne n’a compris mon sentiment par rapport à M. On m’a carrément dit « Tu t’en fou, elle parle pas de ces soucis d’infertilité ». J’ai crû lâcher mon téléphone portable ce jour là. Mais sérieusement ? Est -ce que les gens s’entendent parler ? C’est un sujet relevant de la sexualité. Un sujet personnel. Si la personne n’a pas envie d’en parler, c’est pas pour autant qu’il faut lui foutre des femmes en cloques, à un stade avancé ou non sous le pif.

J’ai, ce jour là, décidé de m’habiller avec une robe en jeans qui ne me collait pas au corps, garder mon perfecto sur moi et mettre ma pochette sur le devant de mon corps. Quand nous sommes arrivés, il y avait des personnes que je ne connaissais pas. Mais apparemment, L’Etincelle n’était plus un secret pour personne. Et les seules personnes au courant ont du prévenir tout le monde, puisqu’à chaque claquement de bises (beurk), nous avons eu le droit à des félicitations. Seule M, m’a lâché un « salut » hyper froid qui laissait présager le restant de la soirée.

La soirée a continué…et j’ai eu envie de pleurer un million de fois.

Outre le fait que j’étais nauséeuse à souhait, j’ai eu l’occasion de ne manger que des bonbons. Tout à table m’était interdit. Je mourais de faim, et j’ai béni le bon Dieu d’avoir fait un malaise dans un magasin une heure auparavant et de m’avoir fait acheté un paquet de bonbon bourrés de colorants.

J’ai passé une bonne partie de la soirée debout. Mais ayant des maux de ventre – depuis le transfert, j’ai consigne de fusionner avec mon lit ou mon canapé – j’ai voulu m’asseoir sur le banc, à côté de M. Mais, elle m’a vite fait comprendre que la PB que je suis devenue n’était pas la bienvenue sur ledit banc. Elle c’est donc étalée de tout son long, et je suis restée debout le temps qu’une place se libère. En la maudissant hyper fort au passage.

Quelques temps plus tard, une dame vient me voir. Et elle (ose) me dire :  » oh un bébé prévu pour avril?! Mais c’est génial, vous avez trop bien prévu votre coup!!!« . Mon sang n’a fait qu’un tour. Moi, mourant de faim, étant fatiguée et malade, j’ai pas supporté qu’on me dise après 5 ans de PMA ce genre de chose. Non non non!!!! Alors, bien haut et fort j’ai du expliquer à l’assemblée que NON, parfois, c’était difficile de faire un bébé. Et que surtout, on a absolument pas décidé en fonction du mois de naissance. Pauvres cons!

Au moment du dessert, alors que nous étions sur le point de partir, je participai à une conversation lambda avec une dizaine de personnes quand une nénétte a changé de conversation, amenant le sujet sur mon ventre. Celui qui commence doucement à pousser à mon plus grand bonheur mais que j’ai bien pris soin de camoufler pour ne pas être le sujet de conversation et faire de la peine à M au passage. Et là…le drame… « Tu lèves ta robe pour nous montrer ton ventre ?! ». J’ai cru m’étouffer avec mon bonbon dans la bouche. Elle est où la limite ? Est-ce que pendant des années j’ai soulevé ma robe pour montrer le piercing au nombril que je changeais en fonction de mes vêtements? NON. Est-ce que le reste du temps, j’ai soulevé ma robe pour montrer mes cuisses ou mon ventre pleins de bleus à cause des traitements hormonaux. NON. Est-ce que ça va être pire durant les semaines à venir ? Franchement, demander à une personne que tu ne connais à peine de soulever sa robe pour voir son ventre…je suis encore sonnée.

Et un garçon – autre que Mr Souris – a osé poser sa main sur mon ventre pour « sentir la bosse ».
J’ai l’impression que je vais finir par tuer quelqu’un…

Mon petit bidon il y a 15 jours…
10 SG - 12 SA

Asseyez-vous Madame Monsieur

Le 18 juillet dernier, un blastocyste (nommé Etincelle) a été déposé délicatement par Docteur Hope. Neuf jours plus tard, la première prise de sang, avec un taux à 314 nous faisait monter sur la première marche du train. La deuxième prise de sang, avec un taux à 1922 nous faisait monter sur la deuxième marches. Et la troisième vérification, avec un taux à 6099 sur la troisième. Nous attendions que le contrôleur du train vienne composter notre billet. Et c’est après une première échographie un peu non officielle et légérement clandestine que celui-ci à valider notre montée. Notre angoisse était pour combien de temps ? Ne sachant pas vraiment où nous placer jusqu’à la vérification de notre billet par un contrôleur officiel de la ligne du train, nous sommes donc restés sagement debout. En regardant quelques couples nous pousser pour s’asseoir. Mais on s’en fichait nous. Nous étions dans le train. Complétement apeurés, ne savourant aucun moment de ce voyage, mais dans le train tout de même.

Aujourd’hui a eu lieu la fameuse échographie officielle du premier trimestre. 12 SA + 4 jours. La contrôleuse a pris un peu de retard. Un problème de train que nous a dit sa collègue. De toute façon, nous ne sommes plus à une attente supplémentaire. Celle-ci est venue nous chercher et m’a directement demander de me déshabiller. Pas d’échographie abdominale. On continue en vaginale. Soit. Et c’est après une échographie de 30 minutes, examinant l’Étincelle sous toutes les coutures et ne voyant aucunes anomalies qu’elle nous a donné notre billet composté encore une fois, nous demandant alors de bien vouloir souffler, et d’aller nous installer confortablement avec les autres voyageurs. Et de bien profiter du voyage.

Alors, même si depuis le début, le train est un peu mouvementé, me donnant nausées et vomissements et m’empêchant de prendre correctement mes repas, nous avons décidé de nous installer en première classe. Parce que nous sommes fatigués de cette longue attente sur le quai. Nous avons décidé de nous installer, non loin de certaines copines, et de garder la place quelques wagons plus loin pour d’autres, celles qui sont toujours en attente que la première marche du train touche le quai.

echographie 12 sa

 

09 SG - 11 SA·RALC(S)

RALC #1

Bon, j’espère que vous choisirez pas un prénom de merde pour votre bébé  (…) Pensez à lui…plus tard aussi…
– Euh…bah en même temps, les goûts et les couleurs tu sais. Il faut de tout pour faire un monde, je t’apprends rien.
Oui, c’est sûr, mais en même temps, tu vois, ma collègue, elle a appelé son fils Gaspard. Tu te rends compte ? C’est vraiment moche puis le pauvre gosse quoi…
– Oui admettons..mais en même temps, c’est elle la maman. Toi, tes filles ça se trouve les gens trouvent leur prénom trop moche. Puis nous, l’avis des gens, qu’ils soient proches ou pas, on s’en fou. 

 

 

08 SG - 10 SA

Respirer..pour un temps…

Onze jours après le rendez-vous avec Docteur Hope où tout allait bien, une crise d’angoisse est apparue. Elle avait besoin de se rassurer. De voir l’Etincelle. Encore. Alors elle a opté pour une échographie intermédiaire en espérant fort qu’il y ait une disponibilité avant la fameuse échographie du T1 dans un peu plus d’une quinzaine de jours. La gynécologue, confrère de Docteur Hope avait une seule disponibilité le lendemain. Bingo.

C’était donc mardi 11 septembre. J’ai prétexté un document à avoir pour la médecine du travail (que j’aurai pu largement demander par mail) mais pas dupe, la gynécologue a bien vite compris que j’avais besoin d’être rassurée. Avant de pouvoir souffler, elle a refait le point sur mes nausées, mes vomissements, ma grosse perte de poids des dernières semaines puis des médicaments PMA que je commence doucement à arrêter. A ce jour, il ne me reste plus que l’acide folique, l’aspégic et la progestérone. 

Après le débrief qui m’a semblé durer une éternité j’ai pu passer de l’autre côté pour qu’elle puisse réaliser l’échographie vaginale. Tout va bien. Sauf qu’Étincelle a beaucoup grandi, elle ne peut pas prendre les mesures. Elle doit réaliser une échographie classique sur le bide. Ça veut dire que c’était bien ma dernière échographie vaginale ! La vache!!!!

Petite étincelle fait 4cm. On a pu voir qu’elle aimait bien le RAP (petit signe de wesh wesh avec sa main) et que ses membres se développaient correctement.

Je me suis chopée une bonne mycose vaginale. Pensant que mes démangeaisons étaient dues à la progestérone et aux irritations de celle-ci, je me suis pas vraiment inquiétée. J’avais jamais eu ça. Faut bien une première fois à tout. Alors j’ai un traitement interne et externe pour traiter au plus vite cette merde. Vraiment glamour.

Nous approchons doucement mais sûrement de la 12éme semaine d’aménorrhée. Je me demande tous les jours comment font les fertiles pour n’avoir que 3 ou 4 échographies durant la grossesse. Je m’écouterais, je serais déjà de nouveau chez la gynécologue deux jours plus tard. Je rêverais de sortir du parcours médicalisé de la PMA mais je ne maitrise tellement pas ce qu’il se passe dans mon utérus que je fais énormément des crises d’angoisse, ingérables pour le moment.

Vivement la semaine prochaine…!

07 SG - 09 SA

Instant guimauve

Ce matin, elle vomit du sang. La voiture tombe en panne au moment où ils mettent les clés dans le contact. Il est midi, ils ont rendez-vous dans trente minutes avec Docteur Hope. L’application Uber ne fonctionne pas. La carte bancaire est périmée. Ils remontent à l’appartement, font la mise à jour de la nouvelle carte et Uber vient les chercher une rue plus loin. Ils arrivent pile à midi trente au cabinet.

Docteur Hope apparaît. Derrière la porte, elle me regarde, avec un grand sourire et me fait un grand signe. Elle ouvre la porte et nous invite à la suivre. Déjà? Mais on a même pas attendu ?! Elle nous invite dans son nouveau bureau.

Une fois installée, on refait un point sur le protocole FIV, le transfert et les péripéties qu’on a eu ces derniers jours et surtout celle de ce matin. Mr Souris et moi à la vue du sang qui sortait de ma bouche ne faisions pas les malins. Mais vu mes antécédents de reflux gastriques, rien de grave, elle m’a donné un médicament que je prenais étant jeune et compatible avec la grossesse. 

Elle nous invite à aller voir le « Schtroumpf ». J’ai pas osé lui dire qu’en fait c’était « étincelle » son nom. Les bonnes vieilles habitudes ont repris le relais. J’avais prévu une robe (bah oui, écho vaginale = robe pour garder un semblant de dignité) et c’est donc en moins de 2 secondes, culotte à la main que je me suis retrouvée jambes écartées en attente d’une pénétration vaginale –  Grande classe je sais.

Boum boum boum boum boum… Une cadence à 180. Elle nous fera écouter le bruit dix bonnes minutes. Et ordonnera même à Mr Souris d’enregistrer en audio le son. Puis, elle nous montrera l’Etincelle – renommé le « Schtroumpf ». Un beau petit être de 2.3 cm. Elle nous explique au passage ce qu’on voit sur l’image : la tête, le cordon, le sac, les bras, les jambes. On finira en larmes après qu’elle nous ait dit qu’il n’y avait plus que 5% de risques à ce stade que quelque chose se passe mal. Soit 95 % de chance que tout se passe bien. 

De retour à son bureau, une des nouvelles secrétaires l’informe qu’il y a un problème informatique. C’est donc à quatre que la consultation se terminera. Dr Hope me demandera de m’inscrire au plus vite à la maternité. Sic. Elle en profitera pour me communiquer ma date de DPA – ça change des DPO – qui est fixée en avril 2019. Ne pouvant se servir de son pc, ce sera à l’accueil que Docteur Hope me donnera le protocole modifié des médicaments à poursuivre ou bien à arrêter.Avec  l’autorisation de gratter une échographie intermédiaire avec sa consoeur afin de ne pas finir complétement névrosée. Parce que mine de rien, attendre 20 jours, c’est horrible!!

L’heure des adieux à sonner. Et là, elle se met à nous reparler de notre parcours. Qu’en octobre, on allait commencer notre 6eme année de PMA. Que cette grossesse, on l’avait pas volé, donc qu’on pouvait arrêter de culpabiliser par rapport aux autres. Elle a fait le tour du comptoir, et nous a fait promettre de lui envoyer un faire part et de revenir avec notre bébé pour qu’elle puisse l’admirer. S’en est suivi un moment guimauve. Adieu la poignée de mains, elle m’a serré fort dans ses bras et m’a fait un énorme bisous, avec des larmes pleins les yeux. Nous avons du la remercier minimum vingt fois de « merci, merci..merci ». Les gens dans la salle d’attente ont du halluciner…tant pis.

Et c’est avec un audio du cœur, et trois magnifiques photos que nous avons refermé cette lourde porte d’un beau quartier parisien, en se promettant de revenir l’année prochaine, non pas pour lui montrer mon utérus mais un bébé.

 

 

06 SG - 08 SA

La rencontre

La nuit fut courte. Le rendez-vous avec la consoeur – de la consoeur de Docteur Hope a été planifié il y a presque trois longues semaines, lorsqu’elle est partie la voir pour les premiers saignements. Et même s’il y a eu une échographie il y a quelques jours, l’angoisse était tout de même bien présente.

Le rendez-vous est fixé à 9h00. Habitant à moins de quinze minutes en voiture du cabinet médical mais ne sachant pas trop comment est la circulation routière, nous décidons de prendre la route vers 8h15. Nous arrivons évidemment à 8h30. On flâne un peu dans les rues du beau quartier parisien mais comme il fait un peu froid, nous décidons de nous installer dans le hall chic de l’immeuble parisien. Avec comme occupation principale pour moi de ne pas vomir ma compote du matin. J’échoue évidemment. Pensée à la femme de ménage qui a eu peur pour son sol. En femme prévoyante, j’ai tout prévu! Mr Souris flippe trop pour la polo, j’ai donc l’obligation de me trimballer avec un sac plastique dans mon sac à main. Grande classe, j’innove.

A 9h00, une grande femme souriante arrive et ouvre le cabinet. C’est donc elle la consoeur -de la consoeur – de Docteur Hope. Elle nous invite dans son cabinet, très bien décoré et nous commençons à faire connaissance. Elle a accès au dossier patient de sa collègue, donc pas besoin de tout réexpliquer concernant la PMA et mes antécédents. Elle me pose cependant des questions sur mes dernières sérologies, mais j’avoue être venue complètement en mode touriste. Je n’ai qu’une feuille avec mes questions et le compte rendu du Grand Hôpital de samedi dernier. On refait le point sur mon état actuel. Nausées, vomissements, vertiges, grosse fatigue… Je l’informe que depuis le début, il m’est difficile de me nourrir. Je ne garde absolument rien. Même en mangeant en petites quantités, aliment solide ou non. C’est vraiment violent. Pas de simple nausées ou vomissements de gastro. Non, c’est en continu. Ça s’arrête jamais et c’est épuisant. Elle me demande alors de me peser. Moins cinq kilos sur la balance. Monsieur Souris fait la gueule. Elle aussi. Je suis pas bien épaisse, et elle me confirme que les vertiges peuvent provenir de la grosse perte de poids. Elle me prescrit alors deux médicaments et me demande de surveiller ma perte/ prise de poids et d’informer le Docteur Hope semaine prochaine, lors de notre rendez-vous. Elle me demande jusqu’à quand sa consœur m’a mis en arrêt. Elle décide de me prolonger jusqu’à l’échographie officielle du premier trimestre dans un premier temps. Pour elle, il est inconcevable que je prenne les transports en commun. Ça me va.Elle m’invite ensuite à me déshabiller pour qu’on aille faire cette fameuse échographie.

Les jambes écartées, l’écran noir, on y voit rien. Coup de stress, c’est le temps que la machine se réveille. Et là, le sac qu’on a vu si petit samedi est beaucoup plus grand. L’étincelle a une grosse tête et des débuts de bras et de jambes! Et mesure presque 2cm. La gynécologue prend les dimensions, nous explique que le col est bien fermé, que parfois, les saignements peuvent être le fruit d’un décollement mais que là, s’il doit en avoir un, il est léger et bien caché. Mais elle me recommande tout de même de faire ma larve sur mon canapé et de limiter mes efforts. Ce que je commence à maîtriser à la perfection. Elle nous fait écouter le cœur. Mon Dieu cette douce mélodie. Si rapide…si belle.

J’ai l’impression que tout ceci n’est pas réel. Comme si les photos remises juste après l’échographie appartenaient à un autre couple.

C’est fou.

Prochaine étape vendredi prochain: Échographie avec Dr Hope et lui dire, on l’espère, au revoir.

 

05 SG - 07 SA

La rencontre (aux urgences)

Aujourd’hui, ils ont décidé d’aller se promener dans la Capitale, profitant ainsi du beau temps et des activités proposées. C’est donc après avoir réussi à avaler un vrai déjeuner qu’ils ont décidé de prendre le métro pour se rendre en centre-ville.

Tout se passe bien. Nous  réussissons à choper des places assises, mais les secousses de la ligne de métro commencent à me donner des tiraillements. Nous décidons alors de descendre et de continuer notre excursion parisienne à pied. Les douleurs disparaissent et nous profitons pleinement de notre après-midi. Sur le chemin du retour, grosses douleurs identiques à celles de l’aller. Avec comme différence que je sens  humide dans ma culotte. C’est qu’une fois à l’appartement que je découvre avec effroi ma serviette hygiénique pleine et rouge de sang. Encore pire que la dernière fois.

Je hurle à Mr Souris de m’amener maintenant tout de suite aux urgences. En deux minutes, on prend la voiture et à peine dix minutes plus tard, nous sommes dans le Grand Hôpital. Mais on va où? Aux urgences maternité ? On sait pas trop…On est perdu…alors on tente quand même…

On sonne. Une infirmière vient à notre rencontre. Je lui explique que je sais pas trop si je suis au bon endroit. Que j’ai eu un parcours PMA avec un transfert d’embryon en juillet, que je suis à 7 SA+2, que j’ai pris le métro, douleurs, sang. Je suis déconnectée. La seule chose que j’imagine c’est que je suis en train de vivre un cauchemar et que tout est en train de s’arrêter pour nous. Mr Souris lui est hyper optimiste. Pour lui, c’est rien, je panique pour rien, tout va bien aller. L’étincelle nous a fait des taux de fou, elle peut pas s’arrêter sur sa lancée (et blablabla). J’ai eu envie de lui hurler dire que tout pouvait arriver. Le meilleur comme le pire. Mais que là, dans ma tête, tout le pire était en train de défiler.

Au moment où je pleure comme un bébé dans la salle d’attente, une gynécologue vient nous chercher. On refait un point sur le parcours PMA et sur les traitements en cours. Elle m’invite ensuite à enlever mon pantalon. Ça je sais faire. Je m’exécute. Elle tourne l’écran vers moi. Je ne peux pas regarder. J’ai peur et je suis prise de tremblement. J’ai froid. Je ne regarde que sa tête. Et j’essaie de deviner chacune de ses mimiques vu qu’elle n’est pas bavarde. Puis là, elle nous annonce qu’il y a bien une activité cardiaque et nous invite à regarder l’écran pour qu’elle puisse nous montrer le cœur. Et là, on voit un embryon d’1cm et un cœur qui bat. Elle met le son à peine trente secondes, mais ce sont les trente secondes les plus belles de toute notre vie.

Elle prend le temps de vérifier que les saignements ne sont pas provoqués par un décollement. Ils sont en fait provoqués par la paroi vaginale. Rien de grave. Ça peut impressionner mais tout va bien. Le repos est primordial. Si douleur, je dois continuer de gober du spasfon, mais surtout j’ai le droit de ne plus bouger de chez moi et de m’abrutir devant des séries à gogo.

En fait, même après avoir eu un positif, on est jamais vraiment tranquille…